Marcus Maeder

Topographie Sinusoïdale

(Domizil / Metamkine)

 date de sortie

00/09/2013

 genre

Electronique

 style

Ambient / Expérimental / Minimal

 appréciation

 écouter

Extrait (MP3)

 tags

Ambient / Domizil / Expérimental / Marcus Maeder / Minimal

 liens

Domizil
Marcus Maeder

 autres disques récents
Matt Christensen
Honeymoons
(Miasmah)
Giulio Aldinucci
Goccia
(Home Normal)
Automatisme
Momentform Accumulations
(Constellation)
Gratuit

(Ego Twister)

Il s’agit de la troisième production de Marcus Maeder dont nous parlons sur ces pages. Cet artiste suisse est aussi aux manettes du label Domizil sur lequel il sort logiquement toutes ses productions, aux côtés de strøm, Steinbrüchel, Martin Neukom ou encore Bernd Schurer, l’autre tête pensante de la structure Helvétique. Son travail qu’il décline en productions musicales et installations est particulièrement conceptuel, et cette nouvelle production n’échappe pas à la règle.

A vrai dire, cette fois, presque tout est dans le titre. Maeder tente de faire un lien entre musique et topographie, c’est à dire la description d’un terrain, l’emplacement d’une montagne, d’un lac... Or comme il le dit, il est vrai que lorsque l’on parle de musique, on a tendance à passer par des métaphores, souvent émotionnelles (musique triste), parfois visuelles (une note claire, lumineuse), ou encore tactiles (combien de fois avons-nous parlé de rythmiques finement ciselées ou tranchantes ?). Mais selon lui, la musique pourrait (devrait ?) elle aussi être traduite de façon topographique, citant en exemple la hauteur d’une note qui correspond effectivement à son emplacement sur la portée musicale. Les variations de tempo, les silences, les changements abruptes de tonalités sont autant d’éléments qui pourraient dessiner montagnes, vallées, gouffres et lacs paisibles.
Avec les concepts, c’est toujours un peu la même chose : on y adhère ou pas, et là en l’occurrence on le trouve un peu facile, voire bancal, il lui manque quelque chose pour que l’on rentre pleinement dans cette démarche.

Le disque ne comporte qu’une seule piste de près de 48mn et celle-ci demandera à l’auditeur une active participation, à commencer par le niveau sonore extrêmement bas qui en fait un album dont on privilégiera l’écoute au casque. À l’image des précédentes productions de l’artiste, Topographie Sinusoïdale est une pièce que l’on qualifiera d’ambient minimale et le terrain dans lequel évolue l’auditeur nous apparait donc peu escarpé. Du moins c’est la perception que l’on en a, mais il est possible que l’artiste ait construit son œuvre selon un paysage plus en relief.
C’est un peu la limite du projet. La lecture d’une carte se fait selon des codes que l’on a tous appris : cours d’eau, courbes d’altitudes, sommets, échelle, points cardinaux, longitude, latitude sont autant de codes qui permettent à chacun de se retrouver. Ici l’auditeur se retrouve un peu perdu et c’est à lui d’imaginer le paysage qui l’entoure, avec pour seuls éléments ces tonalités flottantes, fantomatiques, qui se perdent dans le lointain.

En cela, Marcus Maeder a réussi son coup : l’auditeur est aussi actif que le musicien et chacun verra dans cette topographie sinusoïdale son propre décors. Un disque dont on essayera de privilégier une écoute dans le noir, les yeux fermés afin de faciliter la projection dans ces paysages sonore.

Fabrice ALLARD
le 14/09/2015

À lire également

COH / AGF / Jasch / Hecker / Ilios / Marcus (...)
Transient Travels
(Domizil)
Strøm
Shunt
(Domizil)
Thomas Peter
Medir
(Domizil)
Luigi Archetti
There
(Domizil)