Mona Hatoum

 date

du 24/06/2015 au 28/09/2015

 salle

Centre Pompidou,
Paris

 appréciation
 tags

Centre Pompidou / Mona Hatoum

 liens

Centre Pompidou

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Souvent croisée (et souvent appréciée de ces pages), Mona Hatoum faisait, cet été, l’objet d’une vaste rétrospective dans la Galerie 1 du Centre Pompidou, l’espace le plus à même d’accueillir les grandes installations que développe de plus en plus la créatrice. Bien qu’elle s’en défende, la préhension, dans sa globalité, de son parcours permet de relever une forme de déterminisme personnel puisqu’une large part de ses thèmes de prédilection tournent autour de la guerre, de l’exil, de la marche du monde, de l’emprisonnement et, plus généralement, d’aspects assez sombres et durs. Née à Beyrouth, de parents palestiniens, à Londres quand éclate la guerre du Liban en 1975, Mona Hatoum transporte donc tout ce bagage, retranscrit dans ses œuvres, de ses premières performances à ses récentes sculptures et mises en espace.

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Impenetrable
(courtesy Centre Pompidou)

Au-delà de la permanence de certaines préoccupations, la constance dans la convocation de certaines formes traverse également l’exposition, à l’accrochage non chronologique, et pas vraiment thématique non plus. Ainsi, un cube de métal grillagé répond à l’Impénétrable (variation infranchissable sur la série des Pénétrables de Jesús Rafael Soto), un berceau en acier brut fait écho à un berceau en tubes à essai en verre, les Cellules (structures en forme de cages) rappellent la Light Sentence (ensemble de clapiers semblant osciller au rythme d’une ampoule montant et descendant). Les procédés et gestes sont aussi itératifs : tissage (de cheveux pour en faire un keffieh, de fils de tissu pour un tapis reprenant un planisphère), animation d’ampoules électriques (Light Sentence où elle monte et descend, Undercurrent (Red) dans laquelle les éclairages varient en intensité, Home où ils clignotent), gros plan vidéo (jusqu’à l’utilisation d’une caméra endoscopique dans Corps étranger) ou bien travail sur la représentation du monde (en mappemonde, en planisphère de tissu ou de billes de verre).

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+ and –
(courtesy Centre Pompidou)

S’il était aisé d’exposer ce type d’œuvres (précédées des traditionnels - et très nombreux - avertissements : « ne pas toucher », « ne pas franchir » « attention, œuvre pouvant perturber les épileptiques », « attention, objet tranchant »), la présentation des performances de Mona Hatoum l’était moins. Sur ce point, la commissaire Christine Van Assche a recours à un accrochage simple et efficace : un écran vidéo (ou quelques photos) retraçant l’expérience en cause, combiné à une note d’intention de l’artiste, souvent agrémentée de dessins. Ainsi documentées, les performances sont très facilement imaginables et jalonnent pertinemment le parcours. Sur la longueur de celui-ci, et nonobstant quelques œuvres un peu burlesques ou plus poétiques (le magnifique + and -), c’est quand même le sentiment d’un propos grave et lourd de sens qui prédomine. Pour autant, l’immédiateté des créations de la Britannique et la relative simplicité de leur réalisation facilite leur prise en considération.

François Bousquet
le 19/09/2015

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