Un Tango en Bord de Mer

 auteur

Philippe Besson

 metteur en scène

Patrice Kerbrat

 date

du 09/09/2015 au 18/10/2015

 salle

Théâtre du Petit Montparnasse,
Paris

 appréciation
 tags

Philippe Besson / Théâtre du Petit Montparnasse

 liens

Théâtre du Petit Montparnasse

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De Philippe Besson, auteur, on ne connaissait jusqu’à présent que le texte Son Frère, porté à l’écran par Patrice Chéreau. En revanche, le personnage nous est plus familier par ses prestations audiovisuelles (notamment en animateur de Paris Dernière ou en critique occasionnel), suffisantes pour nous donner envie d’aller voir la première pièce de théâtre conçue par l’écrivain. Comme Son Frère, il s’agit ici de la mise en présence de deux hommes mais en lieu et place de l’hôpital, un bar de grand hôtel sert de lieu aux retrouvailles (fortuites ?) entre deux amants s’étant séparés deux ans auparavant.

Passée la surprise de la coïncidence, les souvenirs affluent, les bons (comme les mauvais) moments refont surface et les reproches et interrogations ne tardent pas à revenir. Retraçant le fil de leur rencontre et de leur vie amoureuse, Stéphane et Vincent sont amenés à retisser des liens tout en s’interrogeant sur le devenir depuis leur rupture. Sur ce canevas (dit du « remariage ») assez traditionnel, la caractérisation des personnages ne négocie que peu de surprises : quinqua installé, Stéphane est évidemment celui qui a réussi socialement, lucide, placide et empreint de maturité tandis que Vincent, trentenaire aux allures d’écorché allie fougue et impétuosité à sa jeunesse. Naturellement, c’est le second, au discours le plus offensif dans les premiers temps, qui a quitté l’autre après des épisodes de violence verbale, comme physique.

Ponctuant les dialogues, quelques monologues permettent au duo de faire entendre au public leurs pensées. Intelligemment isolés dans un carré de lumière, ils expriment alors à haute voix leur for intérieur, explicitant ainsi leurs actions et réactions. Si, à l’image de ce procédé, la mise en scène de Patrice Kerbrat se fait assez sobre, la dramaturgie s’agrémente cependant d’un épilogue un peu trop explicatif. Alors que le spectateur aurait tout à fait pu imaginer le dénouement de cette nuit alcoolisée, Philippe Besson préfère rajouter ce codicille dont le caractère superflu fait naître un sentiment mitigé à l’égard de l’ensemble d’une pièce pourtant convaincante.

François Bousquet
le 25/09/2015