Flying Saucer Attack

Instrumentals 2015

(Domino / PIAS)

 date de sortie

17/07/2015

 genre

Rock

 style

Space Rock

 appréciation

 tags

Domino / Flying Saucer Attack / Space Rock

 liens

Domino

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Assez étonnamment, Flying Saucer Attack n’avait pas encore été recensé ici. Il faut dire que la première partie de la carrière du groupe avait cessé en 2000 (quelques disques avaient toutefois paru jusqu’en 2003) tandis que ce webzine est né en 1998, ce qui laissait assez peu de temps pour s’attacher au projet des Anglais. Pour autant, Dave Pearce n’est pas totalement absent de ces pages, puisque son projet Clear Horizon (mené avec Jessica Bailiff) a été loué en son temps et, à présent, le retour de Flying Saucer Attack (réduit au seul Britannique) permet de s’arrêter (enfin) sur cette formation aux multiples descendants.

De fait, apparu au début des années 1990, Flying Saucer Attack a bénéficié à la fois de la vigueur de la période shoegaze, et de l’intérêt porté par les maisons de disques et les médias sur la scène musicale de Bristol. Signé sur Domino, le groupe y livra plusieurs albums témoignant d’une grande maîtrise d’un space-rock torturé générant de multiples héritiers. Afin de marquer son retour, Dave Pearce propose, en cet été 2015, un long-format sobrement intitulé Instrumentals 2015, constitué de quinze morceaux, évidemment instrumentaux, et sans titres aucun. Toutes interprétées à la guitare uniquement, ces pistes alternent travail sur la durée et forme plus brève, pour un assortiment dont il est judicieusement conseillé l’écoute intégrale en continu.

Sur le plan musical, on observe avec satisfaction que Flying Saucer Attack ne cède pas à la facilité du tout-bruitiste ou de l’empilement, façon « bruit blanc », de murs de six-cordes. Certes quelques passages plus expérimentaux, allant chercher du côté noise, parsèment-ils l’album (Instrumental 6, par exemple) mais l’ensemble se montre tout à fait audible. Le propos préfère ainsi, majoritairement, offrir oscillations, saturations légères, créations jouant sur la luminosité ou la granulosité de certaines sonorités pour agrémenter les nappes.

De même, la variation des émotions est tout à fait louable puisque Dave Pearce ne limite pas sa pratique à la mise en place de schémas vertigineux, procédé relativement aisé à produire dès lors qu’on opte pour ce style musical. Tout au long de l’album, il peut ainsi convoquer des accointances plus lo-fi et moins grandiloquentes, probablement suscitées par les conditions d’enregistrement (cassette et CDr, comme seuls supports de captation), des figures plus délicates et moins ouvragées (Instrumental 10 ou Instrumental 14 et son atmosphère quasi-onirique), ou encore des jeux sur la réverbération aux limites du psyché-rock (Instrumental 11).

La palette se trouve, par conséquent, particulièrement riche, variée et enthousiasmante, se clôturant par deux derniers titres, de sept et neuf minutes, idéales conclusions de cet impeccable album de renaissance.

François Bousquet
le 01/10/2015

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