L’Audible Festival #4 : Anthony Pateras / Lasse Marhaug / Ákos Rózmann

 date du concert

20/09/2015

 salle

Échangeur,
Bagnolet

 tags

Anthony Pateras / Échangeur / Lasse Marhaug

 liens

Anthony Pateras
Lasse Marhaug

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Ce n’est qu’avec cette quatrième édition que l’Audible Festival est évoqué sur ces pages, alors même que sa programmation et la musique qu’il défend aurait du susciter d’autres chroniques, les années précédentes. Qu’importe, finalement puisque c’est en confiance qu’on se rend à l’Échangeur pour cette soirée dominicale, dernier volet d’une manifestation tournée vers l’électro-acoustique, conçue par les Instants Chavirés et Jérôme Noetinger et bénéficiant d’un confort d’écoute via la présence de huit enceintes situées tout autour de la salle. Dans ce contexte, cette recension rendra autant compte de la musique diffusée, que de la manière dont elle le fut, la spatialisation constituant une part non négligeable du festival.

Pour ouvrir la soirée, Anthony Pateras rejoua une pièce déjà proposée en ouverture de la manifestation, deux jours auparavant. Durant neuf minutes, The sound sings the speed mêla touches chromatiques venant de cordes pincées ou de piano frappé et gongs et autres coups, dans un ensemble peut-être un peu trop percussif. Fragmentée, la composition de l’Australien (spécialement commandée par le Festival et destinée à être jouée en huit pistes) bénéficia de sa mise en espace : installés sur des chaises disposées en escargot, en partant du centre de la pièce, les spectateurs purent isoler chaque composante du morceau, même s’il était parfois difficile d’identifier celle émanant du haut-parleur complètement opposé.

Première composition de Lasse Marhaug depuis 2008, The First Eight était aussi, comme son nom l’indique, la première pour ce type de dispositif (et sera, au reste, rejouée à Présences Électronique en mars prochain). Plus homogène et dense que le titre de Pateras, la proposition du Norvégien convoqua grondements et grésillements, dans une approche quasi-noise. S’ensuivit un travail plus fin avant un retour des graves, des tapis sonores vrombissants et des larsens pour clore ce morceau de vingt minutes. Du fait de cet aspect plus saturé (dans tous les sens du terme), la spatialisation sembla moins pertinente, le mélange se faisant plus compact.

Après une pause, Mats Lindström, directeur de l’Elektronmusikstudion de Stockholm s’installa pour procéder à la diffusion d’une pièce d’Ákos Rózmann, compositeur hongrois, auteur de cet Image of The Dream and Death, titre de deux heures censé « symbolise une lutte entre le bien et le mal ». Suite de mouvements constitués de portions sonores, de déchirures, poussées ronflantes et percées électro-acoustiques, la partition se caractérisa par une véritable prise en compte des différentes enceintes. On se surprit même à chercher les sonorités et à essayer deviner d’où viendrait la prochaine bribe musicale. Invités par Lindström, quelques spectateurs n’hésitèrent pas à se lever de leurs chaises et à se déplacer, pour expérimenter diverses conditions d’écoutes, à différents endroits de la salle. D’autres restaient allongés par terre, sur des matelas, d’autres quittaient définitivement l’endroit, plus ou moins rapidement : il est certain que la « simple » diffusion d’une pièce sonore suscite ce type de réaction.

François Bousquet
le 22/09/2015

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