2Kilos &More / dDash

 date du concert

23/09/15

 salle

Olympic Café,
Paris

 tags

2Kilos & More / Boulder dDash / Olympic Café

 liens

2Kilos & More
Olympic Café

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Au lendemain d’une soirée consacrée au folk non-conformiste, nous voilà de retour à l’Olympic Café pour l’alliance sucré-salé (et 100% piment fort) de l’indie-grunge et de l’électro-indus, à savoir les concerts de dDash et de 2kilos &More.

Premier à monter sur scène, dDash (anciennement Boulder dDash) est le projet solo de JB Hanak, moitié de dDamage et membre de Cobra et de Sleaze Art, à qui on doit notamment l’album Hyperactive Jerk sorti en 2014. Seul à la guitare, il enrichit son jeu d’enregistrements de boîte à rythme et d’effets noise. On retrouve sur scène un certain goût du contraste : aux mélodies fluettes se succèdent à des fracas autrement plus punks, tandis que leur auteur semble prendre un malin plaisir à passer d’un chant haut-perché, à la limite du chuchotement, à des vociférations particulièrement efficaces dans la mise en relief des veines du front. Si la mélancolie inhérente à certains morceaux de dDash sur disque (Undo Me quoi) a tendance à ressortir un peu moins en live, la dimension garage, ce lustre cradringue, s’en trouve rehaussée. Au final, on pourrait regretter porter l’absence d’une vraie, bonne, grosse batterie, mais JB Hanak ayant livré la plus belle reprise de Lionel Richie de l’histoire du grunge, on ne lui en tiendra pas rigueur.

Deuxième plateau qui semblait manifestement attendu par le public, 2kilos &More prend place dans une configuration similaire à celle qu’on leur connaît : Hughes Villette et Séverine Krouch se font face, tandis qu’une vidéo (signée Lisa May ?) est projetée dernière eux, sur le plafond et sur le rideau de tulle qui les sépare de l’audience. Le duo entame Lieux-Dits, leur dernier album paru sur Ant-Zen, sur les chapeaux de roue. Le son de la salle rend honnêtement hommage à la puissance impérieuse des rythmiques et au travail de spatialisation sonore. Au deuxième morceau, la silhouette de Black Sifichi s’élève comme sortie de nulle part et l’artiste débute la litanie inflexible et envoutante qu’il mène sur le début de January Ride. Alors que sa voix prend des accents de venin, la mélodie progresse et s’enfonce dans des méandres opaques, jusqu’au point de rupture, qui voit le rythme lacérer l’atmosphère et poursuivre jusqu’à l’escalade.

En plus de leur travail aux machines, le duo passe régulièrement derrière leurs instruments, l’une à la guitare et l’autre à la batterie, configuration qui est pour beaucoup dans la profondeur du son et dans la force du propos. Alors que se succèdent sur les écrans des noirs et blancs lugubres et des images de chemins de fers, de nuits urbaines ou de champs de bruyères, certains morceaux atteignent des niveaux d’intensité rare. Des mollets jusqu’à la nuque, les muscles se contactent comme sous l’effet d’un courant électrique, alors que les riffs meurtriers et les triturations électroniques lancés dans une course folle semblent livrer combat à même l’épiderme. L’effet d’une montée de psychotrope, la substance en moins. 2kilos &More aura su faire durer cette épique performance en jouant certaines pépites extraites de kurz vor5, leur précédent long format. Mais l’ensemble aurait duré deux heures de plus qu’on n’aurait pas dit non.

Manon Torres
le 29/09/2015

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