Toshimaru Nakamura + Ken Ikeda + Tomoyoshi Date

Green Heights

(Baskaru / COD&S Distribution)

 date de sortie

00/10/2013

 genre

Electronique

 style

Ambient / Expérimental / Improvisation

 appréciation

 tags

Ambient / Baskaru / Expérimental / Improvisation / Toshimaru Nakamura

 liens

Toshimaru Nakamura
Baskaru

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Il faut parfois faire des choix, et c’est ce que l’on a décidé de faire lorsque des labels sortent simultanément plusieurs albums. Et il arrive que nos choix nous surprennent puisque l’on s’attendait ici à chroniquer l’album d’Emmanuel Allard (chroniqué sur ces pages exclusivement à l’occasion de concerts sous le nom de FabriqueDeCouleurs) alors que notre préférence se porte finalement sur cette collaboration entre trois artistes japonais...

Nous avons déjà beaucoup parlé de Toshimaru Nakamura et ses tables de mixage sans entrées connectées. Nous avons quelques albums de Ken Ikeda (publié chez Spekk et Touch), mais nous n’avons jamais eu l’occasion de parler ici de son travail, entre ambient abstraite et field recordings. Nous ne connaissions par contre pas vraiment le travail de Tomoyoshi Date si ce n’est sa collaboration avec Chihei Hatakeyama sous le nom de Opitope, également croisé chez Spekk. La collaboration est donc assez étonnante, entre les expérimentations improvisées et abruptes de Nakamura, les stases d’Ikeda et les bribes mélodiques de Date, mais de cette diversité se dégage un son bien particulier, une musique faite de contrastes qui trouvent ici leur équilibre.

Si l’album s’appelle Green Heights, les cinq pièces qui le composent se nomment simplement Balcony (suivi d’un numéro) en référence au balcon de l’appartement de Tomoyoshi Date, dans lequel l’album a été enregistré.
Dès le premier titre, on est donc surpris par la tonalité de cet album, abstrait mais mélodique. On découvre une base expérimentale avec ici des sifflements suraigus, des recherches d’ondes radio, des manipulations improvisées de cordes, mais ce Balcony I - α est porté par des tintements métalliques apportant une certaine légèreté, un aspect aéré qui équilibre à merveille la pièce.

Si le disque a été enregistré en deux fois, à près de 6 mois d’intervalle, le principe est sensiblement le même tout au long de l’album. Balcony I - β se fait d’abord très flottant et minéral, plus classiquement ambient avec en arrière plan quelques grincements d’archet, tandis que les cassures et crachotements dominent sur la seconde partie de la pièce. Balcony II nous pose question en combinant ses mélodies à la fois naïves et contemplatives à des bruitages plutôt agressifs, voire mal maîtrisés. Cette musique nous fait alors penser à une poésie aride, belle et dérangée.
Les deux derniers titres qui représentent près de la moitié de l’album jouent plus sur une alternance des styles, passant de frétillements, chuintements, bruissements, déchirures, field recordings, infra-basses et gazouillis robotiques à de superbes séquences ambient, à base de nappes et résonances métalliques sur le premier, mélodie de piano zen sur le second.

Une surprise donc, et un superbe équilibre entre des univers complètement différents.

Fabrice ALLARD
le 05/10/2015

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