L’Incroyable Matin & Jour

 auteur

Nicolas Doutey

 metteur en scène

Rodolphe Congé

 date

du 21/09/2015 au 10/10/2015

 salle

Théâtre Ouvert,
Paris

 appréciation
 tags

Nicolas Doutey / Théâtre Ouvert

 liens

Théâtre Ouvert

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Auteur de nombreuses petites pièces, Nicolas Doutey voit deux de celles-ci conjointement montées par Rodolphe Congé. En deux fois une demi-heure, c’est ainsi la possibilité de découvrir cet auteur et de se confronter, dans chacune des pièces, à la question du couple perturbé par la présence d’un troisième individu. Dans L’Incroyable Matin, c’est, en effet, Bong qui surgit dans l’appartement de Paul et Ahn tandis que, dans Jour, Paul et Bødil sont en promenade avec Donn.

Sans véritable fil narratif, les deux dramaturgies fonctionnent principalement sur le décalage et la mise en place de situations absurdes : Bong ne comprend pas comment elle est arrivée là, Donn craint qu’un tueur en série ne sévisse sur la falaise voisine, etc… S’ensuivent des échanges entre les personnages dans lesquels, cycliquement, reviennent les mêmes interrogations et les mêmes préoccupations : aller ou non sur cette falaise, faire ou non le repas du soir. L’écriture en boucle de Doutey et le jeu sur les itérations accentue ce mouvement, ressenti par les protagonistes eux-mêmes puisque, dans chaque pièce, la réplique « Nous parlons à bâtons rompus » est prononcée.

De fait, il semble davantage s’agir de parler pour occuper l’espace et mettre des mots sur ce que l’on fait (ou ce que l’on ne fait pas) que de parler pour pleinement dialoguer ou faire avancer une quelconque action. La conversation roule alors et conduit chaque trio à se torturer l’esprit à n’en plus finir : « s’il a dit qu’il te tuerait près de la falaise ; paradoxalement, l’endroit le plus sûr est peut-être *sur* la falaise » lance ainsi Paul à Donn. Plus encore, même si l’un d’eux lance, à un moment, qu’ « il faut bien que quelque chose se passe », on ne dépasse pas forcément le stade de l’exercice et de la proposition formelle.

Des personnages tombés là comme par hasard (ne sachant pas, eux-mêmes, ce qu’ils doivent faire), du formalisme un peu trop poussé, de l’absurde exacerbé : autant de caractéristiques non surprenantes quand on lit la biographie de l’auteur et qu’on apprend que sa thèse s’intitulait Une idée beckettienne de scène.

Autres dates :
-  du 17 au 21 novembre : Comédie de Béthune
-  du 24 au 26 novembre : Manufacture Atlantique – Bordeaux
-  17 décembre : Centre Dramatique National d’Orléans

François Bousquet
le 06/10/2015

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