Lucrecia Dalt

Syzygy

(Human Ear Music / Internet)

 date de sortie

15/10/2013

 genre

Electronique

 style

Ambient / Pop

 appréciation

 tags

Ambient / Human Ear Music / Lucrecia Dalt / Pop

 liens

Lucrecia Dalt
Human Ear Music

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Découverte en 2008 dans la série 4 Women No Cry, la Colombienne Lucrecia Dalt ne nous avait pas laissé indifférent avec son électro-pop glacée et sa voix suave. Un coup de cœur confirmé en 2011 lors de son passage aux Siestes Électroniques toulousaines. Il était donc temps de parler ici de l’un de ces albums et de voir comment son travail se déclinait en long format.

Allons droit au but : cet album est un petit bijou de pop électronique sensible, fragile et personnel. Puisque l’on parlait de long format, démarrons par là : avec ses 32 minutes au compteur, certains trouverons la Colombienne un peu avare. Alors oui, on aurait peut-être aimé faire durer le plaisir un peu plus longtemps, mais on appréciera chaque pièce à se juste valeur et on préfèrera se contenter de 9 titres magnifiques plutôt que d’y croiser quelques déceptions.
La caractéristique principale de la musique de Lucrecia Dalt est sa finesse, sa précision, son juste dosage des silences, créant ainsi des ambiances atypiques et intimistes. Et puisqu’il s’agit principalement de morceaux chantés, impossible de ne pas parler ici de sa façon de poser sa voix, quelque part entre le chant et le murmure, suave et feutrée.

Si l’on retrouve ces caractéristiques sur quasiment tous les morceaux, chacun se distingue par un style unique, à commencer par le très particulier Glosolalia et son piano cliquetant, ses ponctuations de basses, cette impression de voir un personnage de cartoon avançant sur la pointe des pieds. On le rapprochera du mécanique Volavérunt, sorte de musique de western, suspense d’un duel alors que les flûtes évoquent le chant de rapaces planants au dessus de la scène. Atypiques, mais on leur préférera l’ambiance feutrée, mystérieuse et nocturne du lancinant Inframince. Lucrecia Dalt est tout aussi à l’aise dans une configuration plus classique, à la guitare sur l’instrumental Soliloquios, ponctué comme il se doit d’une dentelle électronique qui nous amène au contrasté Vitti, entre brouillard électronique dense et chant flottant, peut-être l’un de nos titres préférés.
Même s’il ne s’agit presque que d’interludes, on ne peut pas faire l’impasse sur l’ambient électronique de Levedad, particulièrement fin, et la lente montée du trompeur Murmur qui s’achève sur un déluge de guitares électriques, histoire d’insister sur le très large registre de la jeune femme. Edgewise est l’occasion pour la Colombienne d’adopter un ton un peu plus léger, une douceur plaisante, n’utilisant ici sa voix que sous forme de vocalises avec en arrière plan une ambiance de forêt tropicale.
L’album s’achève un peu comme il a démarré, très marqué par le rythme, accumulant les éléments progressivement sur une voix très posée, encore une fois entre chant et spoken word.

Nous avons donc notre réponse, entre 2008 et aujourd’hui Lucrecia Dalt n’a cessé de peaufiner son travail, livrant un album fin et sensible qui donnera envie de se pencher sur l’ensemble de sa discographie.

Fabrice ALLARD
le 19/10/2015

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