L’Ordre des Lucioles

 date

du 15/09/2015 au 31/10/2015

 salle

Fondation d’entreprise Ricard,
Paris

 appréciation
 tags

Florian Pugnaire / Fondation d’entreprise Ricard / Julien Dubuisson

 liens

Fondation d’entreprise Ricard

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Quand, fin 2014, on apprit que Marc-Olivier Wahler était chargé, par la Fondation d’Entreprise Ricard, de choisir les artistes nommés pour le Prix 2015, on fut presque surpris, assuré que le Suisse avait déjà curaté cette exposition annuelle auparavant. De fait, figure installée de l’art contemporain, l’ancien directeur du Palais de Tokyo présente le profil idéal pour rendre compte de la jeune scène française, ainsi que l’ambitionne chaque automne la Fondation. Traçant des ponts avec son ancien poste, sa sélection intègre des plasticiens déjà croisés dans les salles du Palais de Toyko, sous sa mandature, et qu’on prend un vrai plaisir à retrouver ici.

En effet, depuis l’exposition générationnelle Dynasty, nous n’avions plus évoqué Julien Dubuisson, alors auteur de deux très belles œuvres (notamment Visite extérieure d’une Grotte), et qui en livre deux autres ici, travaillant à nouveau autour de cette esthétique de l’absence que nous mettions en exergue il y a cinq ans. Sa jambe a ainsi été moulée autour du bras de sa compagne, dévoilant, dans le même mouvement, les formes de ces deux membres (Pour Sylvie et Bruno).

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Vue de l’exposition

Alors que la note d’intention de Marc-Olivier Wahler tourne autour des questions de synchronicité et de ce qui pourrait conduire une œuvre d’art à abandonner son statut pour redevenir objet ordinaire, il nous semble davantage que les pièces présentées s’interrogent sur cette absence et ces éléments « en négatif » qu’il faudrait mettre au jour. Thomas Teurlai installe, de la sorte, un atelier où sont extraits les métaux précieux présents dans les composants informatiques, Grace Hall invite le spectateur à plonger la tête dans une barrique de bois remplie d’eau pour y entendre des haïkus et David Brognon & Stéphanie Rollin ont tracé sur 3066 papiers calques la circonférence de l’île de Gorée, par essence mouvante car sujette à la présence des vagues.

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Florian Pugnaire & David Raffini - Energie sombre

Plus directement connecté à la logique de l’exposition, Robin Meier dispose une grande tente dans l’espace principal, sous laquelle se trouvent des expériences destinées à synchroniser rythme des lucioles, des criquets, des métronomes et d’une musique. Enfin, Florian Pugnaire & David Raffini (également déjà connus de ces pages et qui, par l’efficacité de leurs productions ont logiquement remporté le Prix) ont envoyé un camion Volkswagen dans la forêt, le laissant se couvrir de boue et se faire rayer par les branchages, avant de l’exposer, au bout du parcours, tout abîmé et comme compressé de l’intérieur, nouvelle manifestation d’une présence contenue qui ne demandait qu’à sortir.

François Bousquet
le 28/10/2015

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