Alessandro Bosetti & Chris Abrahams / Pascal Battus & Dafne Vicente-Sandoval

 date du concert

22/10/2015

 salle

Instants Chavirés,
Montreuil

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Alessandro Bosetti / Chris Abrahams / Instants Chavirés / Pascal Battus

 liens

Instants Chavirés
Pascal Battus
Alessandro Bosetti

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Le lendemain de la soirée curatée par le label Ronda, on reprit le chemin des Instants Chavirés pour un concert attendu de longue date, puisque ce passage francilien du duo Alessandro Bosetti et Chris Abrahams avait été annoncé avant l’été. Avant de retrouver les auteurs du récent (et plutôt apprécié) A Heart That Responds From Schooling, la salle de Montreuil avait convié un autre duo, déjà vu, pour notre part, en février dernier au Lieu Unique.

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Pascal Battus & Dafne Vicente-Sandoval

Dafne Vicente-Sandoval et Pascal Battus avaient, ce soir-là, offert un set en deux parties (l’une acoustique et l’autre amplifiée) qu’ils concentrèrent sur la seconde pour leur prestation de Montreuil. Laissant démonté son basson, la jeune femme en utilisa, tour à tour, l’une ou l’autre des parties en la tapotant ou appuyant sur quelques touches tandis qu’un capteur était posé juste à côté. Expirant ensuite dans le bocal ou dans l’anche de son instrument, elle créa des souffles, modulés en direct par sa main gauche, triturant en permanence les potentiomètres de la table de mixage. Assis derrière sa table de travail, Battus manipulait morceaux de polystyrène, petits objets métalliques, feuille d’aluminium, couvercle en plastique ou petit récipient. Placés sur des mini-moteurs, ces matériaux s’y trouvaient frottés, générant des sonorités quasi-stridentes que le musicien put faire varier en tordant plus ou moins, par exemple, une planche en plastique. Probablement plus expérimental et plus long qu’à Nantes, ce concert prouva que le duo avait encore progressé dans son approche et que la perspective de la parution d’un album, sur le label Potlatch, début 2016, n’avait rien d’extravagant.

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Alessandro Bosetti & Chris Abrahams

Installés sur scène (alors que Vicente-Sandoval et Battus avaient joué au pied de celle-ci), Alessandro Bosetti et Chris Abrahams disposèrent d’une petite heure pour présenter leurs compositions, croisements entre l’électronique du premier et le piano du second. Des bribes vocales (vocalises et onomatopées) étaient intégrées dès le début du set, pendant que l’Italien lançait quelques glitchs, variant leur répétition et concevant certains sons plus aigus. Pour sa part, l’Australien assura une partition tout aussi expérimentale, à base de frappes successives de la même note ou de descentes et remontées d’octaves avec le revers de la main. Sur Bridges ou un autre titre, Bosetti chanta, sa voix tentant de se caler sur la mélodie du piano ; faisant le choix de se confronter ainsi à l’instrument, la voix de tête de l’Italien supporta bien ce dialogue même si l’ensemble parut bien nu. Quelques accords d’Abrahams plus profonds et émouvants furent, par la suite, rejoints par des vrombissements provenant des machines afin de participer à au remplissage de l’espace sonore. Passant du parlé en français au chanté en anglais ou italien, le transalpin alla même jusqu’à crier, poussant son chant ; à ce moment-là, on releva une plus grande déconnection entre le travail des deux musiciens, mais rien qui ne ternit, pour autant, la bonne impression laissée par l’ensemble.

François Bousquet
le 30/10/2015

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