Cathy Lane

The Hebrides Suite

(Gruenrekorder / Metamkine)

 date de sortie

15/11/2013

 genre

Electronique

 style

Field Recordings

 appréciation

 tags

Cathy Lane / Field Recordings / Gruenrekorder

 liens

Gruenrekorder
Cathy Lane

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Spécialisé dans les field recordings, le label Gruenrekorder sortait plusieurs productions ce mois dont un album de Christina Kubisch & Eckehard Güther que l’on trouvera trop porté sur les voix et un nouvel album de Rodolphe Alexis aux ambiances une nouvelle fois tropicales, à l’image du Sempervirent que nous chroniquions l’an passé. Après Chris Watson dont nous parlions voici 2 mois, nous revenons à des ambiances maritimes tout en découvrant le travail de Cathy Lane, co-directrice du Creative Research in Sound Arts Practice (CRiSAP) de l’University of the Arts de Londres.

Dans son travail, Cathy Lane s’intéresse à la façon dont le son nous rapproche de notre passé, notre histoire, voire d’une mémoire collective. Du coup, plus que des field recordings qu’elle aurait capté, ses compositions sont des assemblages d’enregistrements qu’elle a pu produire, d’interviews au fil des rencontres qu’elle a pu faire, mais aussi de séquences qu’elle a pu trouver dans des archives nationales ou locales, tous les musées, institutions ayant servis à produire cet album étant mentionnés dans les crédits.
L’ouverture du disque (Sea Shanty) nous donne l’impression d’approcher ces iles, à bord d’un ferry dont l’alarme retentit, accompagnant le ronronnement des machines tandis qu’un avion traverse le ciel. Annonce du capitaine, échanges radio, puis on semble se balader sur le pont, interviewant quelques passagers sur le doux clapotis de l’eau.

Finalement une fois le pied sur la terre ferme, l’ambiance nous apparait plus sereine (On the Machair). Certes le vent souffle fort sur ces îles, mais on retrouve des sons connus, l’ambiance de la campagne avec ses piaillements d’oiseaux, ses insectes et bien sûr les moutons qui font concurrences aux voix de quelques habitants, nous rappelant que ces terres ne sont pas complètement sauvages. D’ailleurs on poursuit l’exploration avec les bruitages quasi industriels de métiers à tisser (Tweed), croisant claquements métalliques et interviews de tisseurs de génération en génération, avec un joli final mélodique.
Dehors, le vent fait des siennes (Gaoth) et Cathy Lane enregistre ce musicien invisible, celui qui fait bouger des clochettes et autres objets qui s’entrechoquent, un drapeau qui flotte, un câble ou une corde qui frétille contre un pilier, le battement de la tôle alors que le souffle se fait glacé. Un souffle dense également, puissant, envahi ensuite Where Once Were Whales où l’on découvre cette fois le travail de pêcheurs, croisant un chant traditionnel étrangement retraité en fin de piste.

L’album se termine avec Watch Over Us All, un dimanche dont l’activité est centrée sur l’église. C’est d’abord un ballet de voitures, claquements de portes et talons sur le bitume tandis que les cloches sonnent. À l’intérieur, le chant des fidèles, dehors les rafales de vent et le chant des mouettes que l’on abandonne peu à peu.

Fabrice ALLARD
le 10/11/2015

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