Atom Eye

The Otolith Sessions

(Forwind / Internet)

 date de sortie

18/11/2013

 genre

Electronique

 style

Ambient / Drone / Post-Rock

 appréciation

 tags

Ambient / Atom Eye / Drone / Forwind / Post-Rock

 liens

Atom Eye
Forwind

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Atom Eye est un projet relativement récent, mené par la québécoise Elsie Martins, basée à Londres depuis une quinzaine d’années. Après un EP publié en 2012 (Trilogy 120, La Nausée Records), The Otolith Sessions est son premier album solo, composé avec l’aide de quelques amis parmi lesquels on trouve Peter Lockett aux percussions (qui a déjà travaillé avec Craig Armstrong, Bjork, The Aloof, David Toop...) et Simon Fisher Turner, bien connu de ces pages. Cette nouvelle production est publiée sur le label touche à tout Forwind que l’on découvre également pour l’occasion.

Notre première connexion avec Atom Eye s’est faite au travers d’un trailer réalisé dans le cadre de la promo de cet album. On y décelait déjà des ambiances un peu mystérieuses (voix jouées à l’envers), un lien avec la nature (magnétophone posé dans l’herbe, bruitages évoquant l’ambiance d’une forêt, alliant bruissements et bruits d’animaux), et des percussions orchestrales, presque tribales qui servent de support à un croisement de boucles lumineuses et grondements de basses. Trois petites minutes envoutantes et parfaitement révélatrices de l’ambiance de cet album, trois minutes qui sont principalement extraites de 3 3/4, deuxième piste de l’album, d’une sorte de post-rock ambient particulièrement cinématographique, pouvant faire penser à un western, poussière et débris balayant le sol et vautour surveillant le duel qui va suivre.
Cinématographique, c’est un peu la caractéristique générale de ce disque dont la pochette représente des bandes magnétiques et dont le premier titre est ponctué par le bruitage de bobines de film, d’un projecteur que l’on arrête et cette bobine qui tourne dans le vide. Ce Prelude et sa déclinaison en Epilogue placent cet album dans un écrin ambient atypique, à la fois électronique et orchestrale, mêlant chœurs, cordes et rythmique d’une techno minimale sur le premier, murmures et nappes mélancoliques sur le dernier dont on pourra reprocher peut-être la teinte un peu trop synthétique.

Au cœur de l’album on reste assez proche du 3 3/4 décrit plus haut mais 1 7/8 se démarque un peu avec la quasi absence de percussions, la musicienne se concentrant ici sur des nappes/drones acoustiques qui pourraient aussi bien être produits par une guitare électrique qu’un violoncelle. Mais on préfère clairement le travail effectué sur 7 1/2 ou 15, plus original, plus personnel, véritablement habité sur 7 1/2. Nous devons souligner ici le superbe travail rythmique effectué par Pete Lockett qui contribue très clairement à la vivacité et au contraste de ces pièces, leur aspect organique, mais aussi leur finesse, à l’image de ces petits frétillements qui ponctuent 15 alors que de lourds vrombissements menacent au loin. L’ambiance est sombre, mystérieuse et lancinante, la mélodie de guitare fait profil bas et le suspense est à son comble.

Un superbe album de bout en bout, un gros coup de cœur qui ne devrait pas être détrôné avant un petit moment !

Fabrice ALLARD
le 11/11/2015