Cédric Dambrain

Subjective Slave

(Roughledge / Metamkine)

 date de sortie

00/11/2013

 genre

Electronique

 style

Expérimental / Noise

 appréciation

 tags

Cédric Dambrain / Expérimental / Noise / Roughledge

 liens

Roughledge
Cédric Dambrain

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Nous avons déjà croisé Cédric Dambrain l’an dernier, lors du Bozar Electronic Art Festival de Bruxelles, mais nous n’avions pas encore écouté cet album pourtant sorti un an plus tôt. S’il s’agit bien du même homme, rien à voir d’un point de vu musical entre cet album solo et le concert qu’il donnait en duo avec Gerrit Nulens, percussionniste de l’Ensemble Ictus. Subjective Slave est son premier album, mais aussi la première référence du label Roughledge dont il est également responsable.

À Bruxelles, la musique de Cédric Dambrain était largement marquée par un style très techno, puissante, rentre dedans. Entre le nom du label et son packaging, une pochette plastique d’un noir opaque, on s’attendait bien à trouver ici quelque chose de complètement différent, a priori bien bruitiste. S’il y a un peu de ça dans Subjective Slave, l’album se révèle être finalement plein de surprises en s’aventurant dans des approches variées, mais toujours aussi exigeantes.
Alors oui bien sûr, l’ouverture que constitue Splace Genesis était attendue avec son lot de déflagrations sonores, ses martèlements frénétiques, ses distorsions numériques, cette impression de deviner au sein de ce magma sonore quelques samples vocaux déformés, mais le Belge va bien au delà de la simple texture bruitiste. Le son est riche, plein de vie, ça fuse dans tous les sens, c’est à la fois violent et beau.
Et puisque l’album alterne de façon assez régulière entre pièces bruitistes et autres expérimentations sonores, on notera dans un registre proche le duel entre basses vrombissantes et résonances métalliques de The Fhn Vsion, les tonalités saturées, crissements et mitraillages numériques du très abstrait Hyper Soul 2031, ou encore Protoae 67 Orgies dont le son, très proche du morceau d’ouverture s’estompe au fil de sa progression.

D’un autre côté donc, nous avons des pièces telles que Ee Duct Con, la première du genre, pleine de finesse avec son mélange de tintements, piaillements électroniques et autres tonalités ondulantes. Cédric Dambrain travaille ici avec des sons très aigus, donnant l’impression de sculpter des pierres précieuses afin d’en révéler toute la lumière. À l’image de ses pièces sombres et bruitistes, il revient très régulièrement sur ce style que l’on n’attendait pas, usant par exemple de fines résonances métalliques et peut-être d’instruments acoustiques sur Lake R_09.
Ce sont des micro crépitements devenant progressivement plus linéaires qui font le jeu de Another You et nous font penser à une nuit à la campagne, parsemée de bruits d’insectes alors que le caudal Purrlwa évoque plutôt une sorte de piaillement d’oiseaux joué à l’infini, en boucle, avec parfois quelques cassures, comme des chutes du volume sonore.

Difficile à classer, ce premier album de Cédric Dambrain est éclectique mais cohérent, avec une musique exigeante, pointue, tour à tour violente et poétique.

Fabrice ALLARD
le 15/11/2015

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