Lori Goldston, Aidan Baker & Andrea Belfi

 date du concert

11/11/2015

 salle

Picolo,
Saint-Ouen

 tags

Aidan Baker / Andrea Belfi / Arrache-toi un Œil ! / Picolo

 liens

Aidan Baker
Andrea Belfi
Arrache-toi un Œil !

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Active depuis plusieurs années, la structure Arrache-toi un Œil ! se veut à la fois graphiste, illustratrice, conceptrice de sérigraphie et organisatrice de concerts. Défendant une musique assez rock et nerveuse (punk, hardcore, sludge, stoner…), elle n’avait pas encore été, de ce fait, évoquée sur ces pages, bien que l’on croise régulièrement ses visuels et affiches. En cette soirée de jour férié, le duo parisien avait investi le Picolo, café et théâtre situé entre le périphérique et les marchés aux puces de Saint-Ouen, pour accueillir l’étape francilienne de la tournée d’un trio constitué pour l’occasion. De fait, on connaît l’appétence pour le travail collaboratif d’Aidan Baker et Andrea Belfi, déjà associés au sein de B/B/S mais aussi membres de nombreuses formations et projets ponctuels.

Avant d’en venir à ce trio, Arrache-toi un Œil ! avait convié Os Noctambulos, quatuor parisien composé de deux guitares, une basse et une batterie pour une grosse demi-heure de psyché-surf plus pertinent dans ses passages moins agités. Après eux, place à Besoin Dead, d’ordinaire en solo mais rejoint, pour ce soir, par un second batteur. Avec leurs deux batteries, les musiciens disposaient également d’une guitare électrique, couchée sur un cageot en plastique accroché à l’une des deux grosses caisses. Les frappes sur les fûts, les cymbales et les cordes se succédaient donc, pour un rock expérimental un peu chargé, notamment en raison du chant crié de Pascal Benvenuti.

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Poster de la tournée

Peu après 22 heures, Lori Goldston, Aidan Baker et Andrea Belfi prirent donc place. Il avait été annoncé un accompagnement de La Passion selon Jeanne d’Arc mais, en lieu et place du film de Dreyer, les musiciens jouèrent sur La Coquille et le Clergyman, autre film muet et en noir et blanc de 1928. Ce moyen-métrage de Germaine Dulac s’attache à un homme d’église qui séduit une jeune femme en triomphant, pour ce faire, d’un rival officier mais demeure, malgré tout, tourmenté (le symbolisme afflue, comme des échos du surréalisme en vogue à l’époque). Mal accueilli, à sa sortie, par Antonin Artaud qui estimait son script trahi, le film bénéficia donc d’une bande-son réalisée en direct par les trois musiciens opérant largement par improvisations, à peine perturbés par le faux contact du vidéoprojecteur qui fit sauter deux ou trois fois la projection.

Le tapis sonore mis en place respectivement par le violoncelle de Goldston, la guitare de Baker et la batterie de Belfi se trouvait parfois en phase avec les images, à l’instar de ces mini-cavalcades réalisées par l’Italien quand des chevaux tirent une calèche ou bien ces montées dramatiques quand le clergyman étrangle son rival. Reste néanmoins le sentiment, au bout de quarante-cinq minutes de set, qu’un tel exercice, même si les trois musiciens s’accordaient sans peine, relève davantage de l’installation quasi-muséale et que les intervenants pourraient jouer deux fois plus (ou deux fois moins) longtemps sans que le propos n’en soit démesurément différent.

François Bousquet
le 13/11/2015

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