4

 auteur

Rodrigo García

 metteur en scène

Rodrigo García

 date

du 12/11/2015 au 22/11/2015

 salle

Théâtre des Amandiers,
Nanterre

 appréciation
 tags

Rodrigo García / Théâtre des Amandiers

 liens

Théâtre des Amandiers

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Il nous vient parfois à l’esprit (surtout en matière musicale) que certains artistes se font trop prolifiques, qu’ils donnent l’impression de ne pouvoir s’arrêter ou s’accorder un moment de répit et que, par conséquent, la qualité de leurs productions s’en ressent. C’est exactement ce sentiment qui nous habita à la vision de 4, nouveau spectacle de Rodrigo García, écrit alors que l’Hispano-Argentin avait déjà pris la tête d’humainTrophumain à Montpellier et tandis que Daisy, son précédent effort, ne tourne que depuis un an.

Avec son dispositif déjà tellement vu (ses quatre comédiens fétiches, un plateau chargé, des alternances de longs monologues et de scènes performatives) et ses provocations épate-bourgeois (évocations sexuelles très crues, animaux vivants utilisés sur scène), 4 se situe donc dans la lignée des précédentes réalisations de García, bien qu’aucun propos politique ou véritablement revendicateur ne vienne structurer l’ensemble et lui donner un peu de corps. Au lieu de cela, nous avons une dénonciation facile de la dictature de l’écran et de la disparition concomitante de la littérature, ou bien la narration étendue d’un souvenir d’enfance de l’auteur. Quelques aphorismes sarcastiques et bien sentis ponctuent toutefois encore le discours, mais ils sont trop peu nombreux pour marquer.

Au milieu de ce fatras, on en vient même à douter de la sincérité de l’auteur quand des membres du public sont conviés sur scène et qu’une jeune femme y demeure plus que les autres, pour un dialogue avec Núria Lloansi qui tourne à la confession intime. Face au questionnement extrêmement personnel de la comédienne et à la réaction de la jeune femme, il est alors permis de douter de sa qualité de spectatrice : en était-elle réellement une ou bien était-ce un leurre ? De même, le statut des deux petites filles coiffées, maquillées et habillées en tenue de soirée tout au long du spectacle interroge : raillerie des élections de « mini-Miss » ou mise sur le plateau de tentatrices pour un guerrier japonais aux allures prédatrices ?

Sauvons néanmoins, comme à chaque fois chez Rodrigo García, quelques moments de réelle beauté plastique : la première scène dans laquelle les comédiens sont reliés par des fils sur lesquels sont accrochés des grelots (métaphore de la nécessaire solidarité entre eux, symbolisation de la civilisation du « tous connectés »), le survol du plateau par un drone parés de LEDs de couleur et d’un carillon, et, enfin, le début du duel que se livrent deux acteurs sur un savon de Marseille géant (belle chorégraphie de leurs corps glissants).

Autres dates :
-  26 novembre 2015 : Phénix – Valenciennes
-  5 décembre 2015 : Teatro Nacional Dona Maria II – Lisbonne
-  15 et 16 décembre 2015 : Comédie – Caen
-  du 8 au 16 janvier 2016 : Théâtre Garonne – Toulouse
-  20 et 21 janvier 2016 : Bonlieu Scène Nationale – Annecy
-  28 et 29 janvier 2016 : Maison de la Culture – Amiens
-  du 4 au 11 février 2016 : humainTrophumain – Montpellier
-  du 16 au 18 mars 2016 : TNBA – Bordeaux
-  31 mars et 1er avril 2016 : CDN de Haute-Normandie - Rouen

François Bousquet
le 19/11/2015

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