Simon James Phillips

Chair

(Room40 / Import)

 date de sortie

00/02/2014

 genre

Electronique

 style

Ambient / Minimal / Néo-Classique

 appréciation

 tags

Ambient / Minimal / Néo-Classique / Room40 / Simon James Phillips / The Swifter

 liens

Room40
The Swifter
Simon James Phillips

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Nous ne connaissions pas la musique de Simon James Phillips mais nous avions déjà croisé ce pianiste australien actuellement basé à Berlin au sein de The Swifter, aux côté de BJ Nilsen et Andrea Belfi. Dans le passé il a pu travailler avec Chris Abrahams sous le nom de Pedal (publié chez Staubgold) et puisqu’il est à Berlin, on le retrouve assez logiquement au sein de la scène Echtzeitmusik (évoquée lors d’une chronique qui lui est dédiée), notamment en intégrant le Splitter Orchester, aux côtés d’Anthea Caddy, Axel Dörner, Helena Gough ou encore Werner Dafeldecker.

Après toutes ces collaborations étalées sur 5-6 ans, Chair est en fait son premier album solo et une sorte de retour aux sources en signant sur la structure australienne Room40. On découvre donc le travail de cet artiste avec Set Ikon Set Remit, morceau d’ouverture qui s’étend sur près de 12mn, construit assez classiquement en suivant une lente progression. On démarre avec une boucle de piano au tempo assez soutenu, extrêmement répétitive, au point de nous faire penser à Steve Reich, mais qui se dilue petit à petit, les notes se noyant dans leur propre résonance. Les mains de l’artiste semblent courir sur le clavier et la pièce parvient à se renouveler en changeant de tonalité à plusieurs de reprise, pour finir dans un profond et lourd grondement de basses.
Si l’on y retrouve ce jeu rapide et répétitif, Ellipsis nous permet d’élargir un peu le périmètre restreint dans lequel on aurait pu rapidement enfermer l’Australien. En effet l’introduction est ici particulièrement calme, aérée, hésitante et presque abstraite jusqu’à ce que l’on devine les ébauches de boucles qui se construisent et qui finiront par emporter l’ensemble. Et puis vient Posture, une pièce étonnante par son minimalisme. Une note de piano claque, résonne, et ce n’est qu’une fois le silence installé que la suivante prend le relai. Lenteur extrême, tempo fracturé, abstraction et silences sont donc les principales caractéristiques de ce titre.

Les 4 morceaux suivants alternent de façon régulière entre les deux approches opposées du musicien. D’un côté The Voice Imitator et Poul, les pièces les plus longues, reprennent ce jeu presque frénétique et répétitif où Simon James Phillips donne l’impression de construire des nappes acoustiques qu’il module en jouant sur le tempo de son jeu et bien sûr la tonalité.
De l’autre côté on notera 9er On Off Switch et Moth To Taper marqués par cette construction aux notes éparses et l’importance des silences. On pourra distinguer les deux titres par le fait que 9er On Off Switch se révèle être particulièrement expérimental, lent mais imprévisible, tant par son tempo que par ses accords dissonants. Moth To Taper nous permet de terminer l’album sur une note plus paisible, une sorte d’ambient néoclassique aux mélodies plus douces à l’oreille.

Il s’agit là d’un genre de production que l’on ne s’attendait pas forcément à trouver chez Room40 et qui se révèle être une excellente surprise.

Fabrice ALLARD
le 20/11/2015

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