Tout le monde

 date

du 11/09/2015 au 06/12/2015

 salle

Crédac,
Ivry-sur-Seine

 appréciation
 tags

Crédac / Gina Pane / Gordon Matta-Clark / Guillaume Leblon / Jiří Kovanda / Lara Almarcegui / Marie Cool et Fabio Balducci / Mathias Schweizer / Michel Blazy

 liens

Crédac

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« Ce n’est pas de l’art, tout le monde peut le faire ». À force d’entendre cette phrase, Claire Le Restif eut l’idée de s’en servir de ligne directrice pour l’exposition de rentrée du Crédac, le lieu qu’elle dirige à Ivry-sur-Seine. Ainsi a-t-elle réuni des œuvres d’artistes dont on pourrait se dire, au premier abord, que n’importe qui aurait pu le faire sans qu’on n’appelle cela, alors, une œuvre artistique. De fait, à la vision de chacune des pièces présentées, on est frappé par l’apparente simplicité des protocoles ou dispositifs, par leur utilisation assez basique d’éléments autres, mais aussi par l’inventivité permanente des créateurs.

De toute évidence, le matériau disponible le plus facilement et le plus aisé à utiliser est le propre corps de l’artiste : Guillaume Leblon rejoue le Saut d’Yves Klein en se jetant d’un immeuble, Melanie Counsell s’allonge dans l’herbe et laisse le soleil s’aventurer sur sa peau, entre deux branches, Koji Enokura s’allonge sur l’estran comme s’il voulait arrêter la montée des vagues tandis que Jiří Kovanda réalise des petites performances où il se met en scène. De la mise en scène de soi à la mise en scène des autres, un degré est franchi par Nicholas Nixon quand le photographe états-unien saisit, tous les ans, depuis 1975, les quatre sœurs d’une même famille.

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Michel Blazy - Collection d’avocatiers
(courtesy Art : Concept)

S’intéressant non pas à leurs frères humains mais à la nature qui les entoure, Michel Blazy (collection de pousses d’avocats, après avoir planté un noyau), Gina Pane (jet de dessins dans la rivière), Jean Le Gac (série de photos de gigantesques rochers), Lili Dujourie (vidéo sur ses mains épluchant une orange), Marcos Avila Forero (film dans lequel des Colombiens frappent l’eau d’un fleuve pour en tirer des sons percussifs) et Agnes Denes (enchainement d’arbres) savent ainsi générer une belle interaction, manifestation de l’attention à leur environnement.

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Mathias Schweizer - Din Tower

Cette mise en scène du monde se trouve enfin relayée par d’autres plasticiens qui, pour leur part, s’emparent de créations humaines usuelles et communes pour leur conférer une destination artistique. Lara Almarcegui défend, par exemple, le marché de San Sebastian ou un bateau abandonné à Stockholm, Mathias Schweizer empile des feuilles de papier coloré de différentes tailles (A2, A3, A4, A5), Gordon Matta-Clark s’attache aux abris de fortune des sans-abris du Lower East Side, Marie Cool et Fabio Balducci sollicitent un intervenant pour faire bouger des crayons de papier créant des lignes de crête ou des ondes, William Anastasi place une plaque d’acier sous un robinet d’eau pour en observer la corrosion. En définitive, quel que soit le procédé, quel que soit le médium, on constate une volonté commune, par-delà le caractère plus poétique ou plus brut de telle ou telle œuvre, de travailler sur le temps qui passe et qui agit. Assurément, cette matérialisation, tout le monde ne peut pas le faire.

François Bousquet
le 23/11/2015

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