Haris Epaminonda : Vol. XVI

 date

du 24/09/2015 au 06/12/2015

 salle

Le Plateau / FRAC Île-de-France,
Paris

 appréciation
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Haris Epaminonda / Le Plateau / FRAC Île-de-France

 liens

Le Plateau / FRAC Île-de-France

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L’avantage d’une structure comme Le Plateau, c’est qu’elle peut aussi bien présenter régulièrement les acquisitions récentes du FRAC Île-de-France que consacrer une monographie à un artiste issu d’une scène très peu identifiée en matière d’arts plastiques. Chypre est assurément de celle-là, pays qu’on peut évoquer comme support de propositions artistiques (notamment en raison de sa situation politique troublée) mais très rarement pour mentionner un créateur local. Habitant Berlin, Haris Epaminonda bénéficie assurément d’une plus grande visibilité et de l’effervescence qui y règne ; pour autant, c’est vers l’Extrême-Orient que se dirige son regard comme en témoignent les œuvres présentées dans l’espace très ouvert du Plateau (plusieurs cloisons ont été abattues).

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Vue de l’exposition

Deux pavillons, uniquement matérialisés par les arêtes des murs prennent ainsi place dans les salles, marqués par la présence, à l’intérieur de ces lieux, d’objets typiques (stores en bambou, autel bouddhiste, bols chantants tibétains, tasse à thé, vase chinois, bougeoir japonais…). Ailleurs, ce sont des petits modèles en laiton du Pavillon d’or de Kyoto, ou des pierres représentant des têtes de Bouddha que l’on retrouve, manière d’affirmer que son intérêt ne se limite pas à l’aspect domestique de cet endroit du monde.

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Vue de l’exposition

Avec ses structures en métal (simples combinaisons de tiges noires) qui se confondent, parfois, avec les socles mêmes de quelques-unes de ces créations, Haris Epaminonda développe une grâce et une simplicité du geste qui confère un caractère volontairement apaisant à son travail. Peu imposantes, ses propositions occupent ainsi les salles mais laissent aussi beaucoup d’espaces de respiration de l’une à l’autre. L’ensemble pourrait alors paraître à la limite du dévitalisé ou du désincarné, compte tenu de cette ténuité ascétique mais, afin de redonner un peu de corps à ses œuvres, la jeune femme a convié un vieil homme japonais à intervenir trois heures par jour. À tour de rôle, il manipule ainsi les objets, ponce une grosse pierre, verse de l’eau dans les jarres, ratisse un tas de sable, allume une bougie, prépare du thé, bref autant de gestes du quotidien qui prennent une résonance un peu différente. Sans verser dans la performance, il s’agit alors d’habiter un lieu et de redonner vie à des ustensiles qui avaient été déconnectés de leur environnement traditionnel.

François Bousquet
le 25/11/2015

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