Die Weise von Liebe und Tod des Cornets Christoph Rilke

 chorégraphe

Anne Teresa De Keersmaeker

 date

du 25/11/2015 au 29/11/2015

 salle

Théâtre de Gennevilliers,
Gennevilliers

 appréciation
 tags

Anne Teresa De Keersmaeker / Théâtre de Gennevilliers

 liens

Théâtre de Gennevilliers

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Pour transposer chorégraphiquement un poème en prose de Rainer Maria Rilke, Anne Teresa De Keersmaeker renouvelle le choix d’une sobriété pas forcément immédiatement évidente, compte tenu de la teneur du texte. En effet, ce récit d’un épisode guerrier (un combat contre les Turcs, à la fin du XVIIe siècle, d’un des aïeuls du poète, Christoph Rilke), entrecoupé de rencontres sur le champ de bataille et d’une nuit enfiévrée dans un château-fort, verse davantage dans le romantisme, voire dans une dimension un peu fantasmatique, que dans une austère épure.

Ici, le plateau est nu et les tenues des intervenants sont impersonnelles (jean, T-Shirt) et aux couleurs pâles (gris-bleu, perle). Un homme s’avance d’abord, il effectue un solo avec des mouvements qu’on retrouvera plus tard : tours sur soi-même, lancés de bras, glissades ; comme s’il s’agissait de représenter, façon esquisses, la bataille à venir. Le premier tiers du texte (par ailleurs distribué avec la bible du spectacle) est ensuite projeté en allemand et français en fond de scène, tandis que le reste est plongé dans le noir. Quand la lumière revient, une flûtiste, Chryssi Dimitriou, prend place au bord du tapis, juste devant les spectateurs, pour interpréter une pièce de Salvatore Sciarrino, entre tapotements sur les clés, souffles détimbrés, quasi-sifflements et chuintements. Le jeu, rythmé et saccadé, fait alors écho au rythme de la langue de Rilke et à celui de la danse de Michaël Pomero. Celui-ci se trouve alors rejoint par Anne Teresa De Keersmaeker pour un temps en duo, avant que la chorégraphe ne se retrouve seule pour la dernière séquence pendant laquelle elle va, en même temps, dire le texte (qui sera également projeté) et le danser.

Pour les non-germanophones, comme cela est notre cas, l’ensemble peu paraître assez hermétique dans un premier temps, la langue en cause n’étant pas forcément très musicale. Mais, petit à petit, l’aspect illustrateur prend le dessus, à mesure que De Keersmaeker trace quelques liens entre son geste chorégraphique et la prose de Rainer Maria Rilke : bras tendu vers le ciel pour figurer le drapeau porté par Christoph Rilke, toupies pour dépeindre le bal donné au château, corps allongé au sol quand la nuit tombe ou vifs projecteurs rouges pour symboliser l’incendie. Tenant la même note tout au long de la représentation, la Belge met à distance l’émotion, notamment en mettant assez peu d’intonations dans son récit (hormis, peut-être, dans la toute dernière partie, plus dramatique), manière de susciter probablement une plus grande attention et une meilleure écoute, débarrassées de tout facile adjuvant.

Autres dates :
-  du 2 au 6 décembre 2015 : Kaiitheater - Bruxelles
-  29 et 30 avril 2016 : Magdalenazaal - Bruges
-  du 19 au 21 mai 2016 : deSingel - Anvers

François Bousquet
le 27/11/2015

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