Katinka Bock : Zarba Lonsa

 date

du 16/10/2015 au 19/12/2015

 salle

Laboratoires,
Aubervilliers

 appréciation
 tags

Katinka Bock / Laboratoires

 liens

Laboratoires

 dans la même rubrique
du 22/09/2016 au 11/12/2016
Mark Geffriaud : Deux Mille Quinze
(Le Plateau / FRAC Île-de-France)
du 06/09/0216 au 29/10/2016
Paris
(Fondation d’entreprise Ricard)
du 02/06/2016 au 09/10/2016
Telling Tales : Excursions In Narrative Form
(Museum of Contemporary Art)
du 23/06/2016 au 11/09/2016
Mika Rottenberg
(Palais de Tokyo)

Très souvent, et très avantageusement, croisée dans plusieurs expositions collectives, Katinka Bock n’avait jamais encore été mentionnée sur ces pages à l’occasion d’une présentation personnelle. Son travail nous était néanmoins bien connu, à la fois par les recensions évoquées, par sa visibilité en galerie mais également parce qu’il nous semble que son geste et les matériaux utilisés se retrouvent chez d’autres créateurs, eux aussi attirés par la simplicité un peu brute de la glaise ou de la terre cuite et l’héritage de l’arte povera.

Installée en résidence aux Laboratoires d’Aubervilliers, la jeune femme y a été frappée par la proximité de plusieurs commerces, dans un quartier des Quatre-Chemins en pleine réhabilitation. Allée à la rencontre des marchands, elle leur a donné une de ses productions, en échange de quoi elle reçut de chacun un objet qu’elle a fait cuire dans un de ses fours, afin de constituer une œuvre, présentée dans ce Zarba Lonsa (« bazar salon » en verlan). Heureusement que le programme de salle nous précise, à chaque fois, quel objet est en jeu car nous fûmes bien incapables d’identifier un bougeoir, un sweat-shirt ou une boîte à thé face à des coques de terre cuite, de couleur blanchâtre, aux formes arrondies et gommant toute spécificité de l’objet initial.

JPEG - 78.9 ko
Fatigue

Pour autant, au-delà du petit jeu d’investigation, et de la matérialisation du processus d’échange, l’exposition frappe par sa capacité à allier le fragile et le solide, notamment lorsque les créations sont suspendues, enroulées autour d’un tube en acier, repliées sur elles-mêmes ou encore tout simplement accrochées au mur, comme en lévitation. La robustesse apparente des œuvres se confronte donc à leur capacité de pliage tandis qu’on cherche, en scrutant l’intérieur de celles qui sont accessibles, s’il n’est pas possible d’y voir des résidus de l’objet originel. Le caractère rudimentaire du processus créatif est également à mettre en relation avec la chaîne d’interventions ayant conduit aux résultats présentés devant nos yeux, comme si l’adjonction de tous ces petits concours (don d’un objet, échange avec un autre, cuisson, disposition dans un espace) était résumée dans une forme finie et exposée telle quelle.

François Bousquet
le 10/12/2015

À lire également

du 19/11/2009 au 09/01/2010
Sauvagerie Domestique
(Galerie Édouard Manet)
du 27/1/2009 au 28/2/2009
Pragmatismus & (...)
(Fondation d’entreprise)
du 4/2/2009 au 29/3/2009
Le Travail de Rivière
(Crédac)
du 12/10/2013 au 05/01/2014
De Leur Temps (4)
(HAB Galerie)