V/A

15 Shades of White

(Dronarivm / Internet)

 date de sortie

24/12/2013

 genre

Electronique

 style

Ambient / Minimal / Néo-Classique

 appréciation

 tags

Aaron Martin / Ambient / Dronarivm / Hecq / Ian Hawgood / Jacaszek / Kaboom Karavan / Kreng / Marcus Fjellström / Marsen Jules / Minimal / Néo-Classique / Olan Mill / Orla Wren / Strië / The Green Kingdom

 liens

Marsen Jules
Hecq
Marcus Fjellström
Orla Wren
Kaboom Karavan
Aaron Martin
The Green Kingdom
Jacaszek
Ian Hawgood
Kreng
Olan Mill
Strië
Dronarivm

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C’est dans le cadre de nos découvertes Twitter que l’on parlait pour la première fois du label Dronarivm, une structure russe au sein de laquelle Bartosz Dziadosz (Pleq) officie en tant que "curateur". Cette compilation est idéale pour découvrir le label, regroupant 15 artistes (17 dans la version numérique) dont un certain nombre font déjà l’objet d’un suivi régulier sur ces pages. La structure russe trouve en effet naturellement sa place sur nos pages avec notamment Kreng, Aaron Martin, Marsen Jules, Ian Hawgood, ou encore Olan Mill.

Ca commence à merveille avec le piano solo, lent et contemplatif de Anne Chris Bakker qui a depuis sorti son premier album solo sur le label russe. On pourrait rapprocher ce premier titre du Closing In de Sophie Hutchings mais l’Australienne est ici accompagnée par Peter Hollo au violoncelle et les deux instruments finissent par trouver leur équilibre.
Si piano, violon et guitare dominent sur l’ensemble de cette compilation, la plupart des artistes utilisent l’électronique, ne serait-ce pour ajouter quelques effets, mais aussi bien souvent pour apporter de la matière. Très bel exemple avec l’Etude V de Talvihorros qui ponctue sa fine mélodie de guitare d’élans de textures granuleuses, et dans un style un peu plus doux le Fibres And Threads d’Orla Wren.
C’est avec des cordes que Marcus Fjellström combine ses souffles granuleux pour un résultat jouant sur le mystère. Une pièce relativement expérimentale, composée sous forme de vagues et relances à base de cordes et flutes. Les cordes qui prennent bien sûr une place importante avec dans un premier temps le cinématographique et torturé Vega de Ben Lukas Boysen (plus connu en tant que Hecq), puis les superbes consonances asiatiques du Until Tomorrow Then de Aaron Martin et Christoph Berg.

On trouve enfin une tendance minimaliste qui peut être traitée de diverses manières. Strië est peut-être à la limite du style puisque si certaines nappes se révèlent être parfaitement linéaires, il les ponctue tout de même d’un certain nombre de bruitages, souffles, notes éparses et coups sourds. Le minimalisme d’Olan Mill est plutôt du genre avare avec ses accords répétitifs sur lesquels le temps semble s’être arrêté. Au aura donc plutôt un petit coup de cœur pour le travail de Zvuku qui sous ses airs timides, avec un piano hésitant, finit par envelopper sa pièce de cordes et nappes grondantes et oscillantes. Mais c’est à Marsen Jules que revient la palme du minimalisme avec une belle succession de nappes, à la fois linéaires et imposantes.
Nous avons gardé pour la fin quelques artistes qui se distinguent en optant pour un style bien à part, à commencer par Jacaszek dont le III extrait de l’album Pentral se fait remixer par Pleq. On trouve alors une ambiance cinématographique s’appuyant sur des field recordings, une harpe, et puis un chant que l’on pourrait qualifier d’une Björk asiatique. En duo, Ian Hawgood et The Green Kingdom convient eux aussi une voix, timide, limite plaintive, flottant sur des paysages abstraits de piano, guitare et cordes.
On est enfin sous le charme de Kreng qui s’essaye au krautrock électronique en parsemant ses nappes d’orgues et accords de piano d’un arpège de synthés vintages. Étonnamment doux et dansant bref, de toute beauté ! Certainement le plus original du lot, Kaboom Karavan sort des cordes graves et claquantes, manipule des guitares, pose des voix et crée une ambiance magique tintée de moyen-orient.

Nous parlons de moins en moins de compilations, peut-être parce que l’on en sort généralement frustré : temps trop court dédié à chaque artiste, manque de cohérence. Rien de tout cela ici, 15 Shades of White s’écoute avec plaisir de bout en bout et fait montre de la belle unité de ton du label.

Fabrice ALLARD
le 14/12/2015

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