EntreVues - Festival International du Film de Belfort 2015 - Reprise du Palmarès

 date

du 28/11/2015 au 06/12/2015

 salle

Cinémathèque Française,
Paris

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Cinémathèque Française

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Cinémathèque Française

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Double doublé cette année aux EntreVues de Belfort puisque le même long-métrage et le même court-métrage reçurent à la fois le Grand Prix et le Prix du Public, dans leurs catégories respectives. À l’instar de l’an passé, cette concentration de la distribution des prix rendait inévitable la projection de ces deux réalisations lors de la soirée parisienne de reprise du palmarès, relocalisée à la Cinémathèque, à laquelle on parvint après avoir traversé les longues files d’attentes des fans de Maître Gims, patientant avant d’entrer dans Bercy (pardon, dans l’A****H***** A****).

Ayant pris connaissance tardivement de l’existence d’un oncle parti vivre au Brésil, Ana Maria Gomes a entrepris une enquête, tout d’abord auprès de sa famille restée au Portugal, puis en se rendant directement à Rio de Janeiro. La jeune Franco-Portugaise interroge la mère d’António, puis ses frères et les voisins, la parole circulante venant pallier l’absence de photos ou de films permettant de s’imaginer l’intéressé. Le portrait qui en est fait se fait alors assez ambivalent, à l’opposé du titre de ce moyen-métrage (António, Lindo António, soit Antonio, mon bel Antonio), les raisons de son départ du Portugal restant floues jusqu’au voyage final au Brésil. Sur ce point, on peut alors s’interroger sur le rôle tenu par Ana Maria Gomes. En effet, lorsqu’elle est au Portugal, tout le monde évoque António devant la caméra et la vie quotidienne est assez peu montrée et, quand elle se rend à Rio, elle parvient à retrouver António, prélude à une visite de ce dernier à sa famille au Portugal. L’impression que le destin a été forcé par le truchement de la caméra vient alors renforcer notre croyance dans les limites du format documentaire qui, en vérité, ne peut jamais véritablement dépeindre le réel, la présence même d’un réalisateur générant un biais.

Autre histoire familiale, Ben Zaken (du nom, précisément, de la famille en cause) s’attache aux trois générations vivant sous le même toit, dans une ville balnéaire israélienne. Dina, critique mais aimante, y est entourée de ses deux fils, Leon (exigeant mais capable de pardonner) et Schlomi (dépassé mais touchant), et de la fille de ce dernier, Ruhi (écorchée vive mais attachante). Cette pré-adolescente est d’ailleurs au centre du film d’Efrat Corem, classique chronique de la vie de famille, entre brimades à l’école, éclats de voix à la maison, petites transgressions avec un copain en bas de l’immeuble et galères professionnelles des deux hommes. Serrés à quatre dans un unique appartement, dont le couloir sert de repère autour duquel le cadre se fait fréquemment, les personnages tentent de s’en sortir tandis que le tumulte du dehors ne s’entend qu’une fois, par des pétarades et rafales. Délibérément allégoriques (la famille comme représentation de la société israélienne toute entière), les dissensions entre Ben Zaken s’enchaînent, les réconciliations aussi, pendant que la petite Ruhi vient occuper le lit de son père, ne pouvant trouver le sommeil, ni chasser ses cauchemars.

François Bousquet
le 15/12/2015