Ugo Rondinone : I ♥ John Giorno

 date

du 21/10/2015 au 10/01/2016

 salle

Palais de Tokyo,
Paris

 appréciation
 tags

Andy Warhol / John Giorno / Palais de Tokyo / Pierre Huyghe / Rirkrit Tiravanija / Ugo Rondinone

 liens

Palais de Tokyo

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Il y a huit ans, le Palais de Tokyo offrait à Ugo Rondinone ses espaces pour une « carte blanche », au cours de laquelle le Suisse avait convié plusieurs artistes, afin de mettre en lumière aussi bien ses influences que ses goûts. À présent, le plasticien se fait metteur en scène d’une exposition agissant comme une rétrospective de l’œuvre de John Giorno, créateur à la fois poète et performeur. Au reste, dès le début d’ I ♥ John Giorno, on est projeté dans cette double facette avec une salle dans laquelle la déclamation, par l’auteur même, d’un poème, est filmé par de nombreuses caméras, sous tous les angles, et retranscrite sur les murs et sur des moniteurs disposés autour de la salle. Plongé de manière quasi-immersive dans le verbe de Giorno, le spectateur est ainsi mis en condition pour un parcours où texte, voix et corps de l’États-unien sont sollicités, tout faisant sens et tout faisant œuvre chez lui. Si les performances de celui-ci viennent évidemment combiner ces trois éléments, l’exposition peut les présenter ensemble ou séparément.

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Vue de l’exposition

Ainsi, deux grandes salles font office de catalogue raisonné des écrits de John Giorno, avec un accrochage mural en continuité, sur des feuilles colorées, de tous les poèmes de l’auteur, également reproduits dans des classeurs à disposition du public sur des tables. Plus loin, quelques-unes de ses saillies (« I Want To Cum In Your Heart », « The World Just Makes Me Laugh », « We Gave a Party for the Gods and the Gods all Came ») sont suspendues sur des grandes cimaises dans un espace aux camaïeux de gris. La voix du poète nous est restituée par des enregistrements audio ou la diffusion de disques, permettant à sa scansion, à même de cadencer correctement la récitation de ses œuvres, de se développer. Enfin, le corps de Giorno se trouve au centre de films d’Andy Warhol (dans la lignée de sa série Sleep) et de Pierre Huyghe (reprise, plus tard, du même procédé) ou des peintures de Rirkrit Tiravanija, Elizabeth Peyton et Billy Sullivan.

Alternativement très brefs, façons haïkus, ou bien plus longs, les poèmes de John Giorno travaillent régulièrement autour de la répétition, notion dont se saisit également l’exposition et sa commissaire, Florence Ostende. Répétitions des formes et des textes sont ainsi sollicitées, les mêmes médiums ponctuant le cheminement, et quelques textes étant réitérés. Plus encore, certaines salles agissent en écho, à l’image des deux espaces présentant les poèmes ou des films de Warhol et Huyghe, placés à deux endroits différents du parcours, bien que partant du même point de départ. Fond et forme, œuvres et scénographie sont alors intimement liés dans un ensemble qui favorise assurément la préhension de la production de Giorno.

François Bousquet
le 18/12/2015

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