Ah ! Kosmos / Judith Juillerat / EDH

 date du concert

16/12/2015

 salle

OpA,
Paris

 tags

Ah ! Kosmos / EDH / Judith Juillerat / Lentonia Records / OpA

 liens

Judith Juillerat
OpA
EDH
Lentonia Records
Ah ! Kosmos

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Une belle soirée était organisée ce mercredi 16 décembre à l’OPA, une salle du quartier de Bastille dans laquelle nous n’étions plus allé depuis de nombreuses années. Surprise donc de revenir en ces lieux et de découvrir une toute nouvelle configuration, scène surélevée sur la gauche en rentrant et grand bar illuminé sur la droite que l’on fréquentera immédiatement afin de patienter jusqu’au premier concert.

C’est le label Lentonia qui organisait cette soirée et nous offrait l’occasion de revoir EDH, de voir enfin en live Judith Juillerat que l’on connaissait finalement assez mal, et de découvrir Ah ! Kosmos, le projet de l’artiste turque Basak Günak.
C’est EDH qui assurait l’ouverture, sous une configuration que l’on n’avait encore jamais vue. Il faut dire que l’on a logiquement beaucoup vu Emmanuelle de Héricourt en concert, peut-être un peu trop, risquant de se lasser. En laissant passer du temps, mais aussi un album (Lava Club, 2014), le projet a quelque peu évolué et la jeune femme se produit maintenant avec un certain Arthur Soubranne, principalement responsable des machines. Alors certes, EDH fait toujours du EDH, et c’est déjà pas mal. La basse mélodique donne le tempo, les synthés assurent l’accompagnement sur un premier titre que l’on croirait instrumental, puis elle pose sa voix assez atypique, plutôt sombre et désenchantée. Pour autant, la musique est toujours assez relevée, mélodique et sautillante, et l’ensemble trouve généralement son équilibre entre légèreté pop des mélodies et gravité du chant.
On est agréablement surpris par ces premiers titres que l’on ne connaissait pas, on a plus tard plaisir à retrouver quelques morceaux plus anciens qui ne dépareillent pas, et on se laissera porter en fin de set par de longues plages instrumentales entêtantes et particulièrement efficaces. Six titres pour une petite demi-heure de live, excellente mise en bouche.

On enchaîne donc avec Judith Juillerat dont nous avions rendu compte ici des deux premiers albums, le troisième étant donc prévu prochainement chez Lentonia Records. Nous connaissions donc assez mal son travail que l’on aurait classé un peu rapidement dans la catégorie electronica mais qui se révèle en fait être beaucoup plus complexe. Seule au laptop et machines, la jeune femme débute par de lents tournoiements de nappes et souffles électroniques, faisant rapidement preuve d’un certain minimalisme alors qu’elle poursuit par des tonalités synthétiques, graves et nasillardes, tout juste mises en relief par quelques élans de boucles électroniques. La formule se révèle être plutôt entêtante et accrocheuse.
On s’y attendait un peu, voici ensuite l’apparition du chant, finalement très proche d’un spoken word d’une voix lente et grave, un peu noyée dans des boucles de synthés métronomiques. Le concert trouve finalement son équilibre dans cette alternance entre une électro minimale et instrumentale, et cette voix posée sur de vieilles boites à rythme, aux influences parfois industrielles. Le set d’une quarantaine de minutes s’achèvera sur une belle ambient mystérieuse, faite de drones et de souffles habités.
On tâchera maintenant d’être patient en attendant l’album !

On découvrait Ah ! Kosmos seulement le veille du concert, via quelques recherches sur internet, des vidéos sur YouTube, découvrant un EP et un album signés chez Denovali Records. Alors que l’on pouvait la voir sous forme de duo ou trio sur quelques vidéos, c’est ici en solo qu’elle se produisait, à l’image de son projet. On découvrait des projections sur le côté de la scène tandis que la jeune femme était sur scène derrière un ensemble de synthés et machines. Premier titre instrumental, une sorte d’ambient mystérieuse ponctuée de grincements métalliques, et bientôt de percussions frétillantes.
Même si les morceaux peuvent s’étaler en longueur, contrairement à Judith Juillerat les pièces sont bien distinctes et le public applaudit entre chaque titre. On entre pleinement dans le concert avec Home, mettant en place tous les éléments qui font le succès de la jeune femme : une rythmique électro dansante, des samples de guitares aériennes et une voix suave, la formule parfaite alliant douceur et énergie. De même, l’alternance de morceaux chantés et d’instrumentaux permet d’osciller sans cesse entre approche pop et ambiances club, à l’image du Anneannemin Koah’sı qui suit.
A l’écran, les vidéos tournoient, mais on y prêtera finalement assez peu attention, la jeune femme faisant le spectacle à elle seule, affairée sur ses machines et visiblement habitée par sa musique. Les rythmiques syncopées côtoient grondements de basses, nappes mélodiques et vocalises aériennes, Ah ! Kosmos composant une musique tout autant dédiée au corps qu’à l’esprit, pour le plus grand plaisir d’un public peut-être un peu disparate, mais attentif et conquis.
Le concert s’achèvera sur le superbe Trace of Waterfalls puis on passera aux nombreux rappels. La jeune femme semble elle aussi être ravie d’être là, et aura un peu de mal à lâcher la scène alors que le public en redemande sans cesse. C’est finalement après trois titres supplémentaires, 20mn de rappel, qu’elle quittera la scène sous les applaudissements et que nous iront acheter ses deux CDs.

Fabrice ALLARD
le 26/12/2015

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