Dominique Gonzalez-Foerster : 1887-2058

 date

du 23/09/2015 au 01/02/2016

 salle

Centre Pompidou,
Paris

 appréciation
 tags

Centre Pompidou / Dominique Gonzalez-Foerster

 liens

Centre Pompidou

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Réactivations multiples accompagnent la visite de 1887-2058, nouvelle exposition personnelle de Dominique Gonzalez-Foerster, neuf ans après la formidable présentation sise au Musée d’art moderne de la Ville de Paris. Réactivation du souvenir de cette dernière, tout d’abord, avec notamment la présence de Promenade, cette installation sonore diffusant le bruit d’une pluie tropicale, via des haut-parleurs placés cette fois-ci en périphérie du parcours, ou avec la possibilité d’expérimenter à nouveau le Cosmodrome, cette pièce dans laquelle la plasticienne nous invite à un voyage pointilliste à base de LEDs s’allumant progressivement tandis que l’électronique de Jay-Jay Johanson résonne dans le noir.

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Vue de l’exposition

Mais, comme il s’agit d’une forme de rétrospective du travail de l’artiste (dans cette même Galerie Sud qui abrita précédemment les monographies de Pierre Huyghe et Philippe Parreno, compères historiques de Dominique Gonzalez-Foerster), on ne sera guère surpris d’y retrouver aussi la réactivation d’installations réalisées depuis une trentaine d’années par la Française. Ainsi plusieurs Chambres ponctuent le parcours, intelligemment pensé par la commissaire Emma Lavigne en succession de petites salles auxquelles on accède après avoir traversé des couloirs nimbés de la pluie de Promenade. Ces Chambres peuvent être la recréation (plus ou moins fidèle à l’original) de celle de Fassbinder ou d’une chambre typique des années 70. Voyages dans le temps et dans l’intimité des personnalités propriétaires des chambres considérés, ces installations trouvent un pendant dans celles destinées à figurer des espaces plus vastes : Espace 77 (reconstitution dépouillée de l’exposition inaugurale du Centre Pompidou, consacrée à Marcel Duchamp), Brasilia Hall (évocation symbolique de la ville construite par Niemeyer) ou Splendide Hotel (annexe) (transposition d’une configuration par Gonzalez-Foerster d’une annexe d’un hôtel madrilène).

Cette suite d’environnements, comme autant de fragments évocateurs, conduit à penser aussi bien la démarche plasticienne (qu’est-ce qu’une œuvre ?) que celle de l’exposition en tant que telle (absence de cartels, déambulation plus que chemin tracé, succession d’espaces fictionnels), préoccupations récurrentes de la Française qui, par ailleurs, n’hésite pas à se mettre elle-même en scène. Une salle est ainsi une reconstitution d’une récente exposition en galerie new-yorkaise où Gonzalez-Foerster présentait ses vêtements, dessins et photographies pour composer un autoportrait singulier. Plus loin, c’est grimée en Edgar Allan Poe, Scarlett O’Hara, Emily Brontë (entre autres) que la plasticienne apparaît, grâce à un habile jeu de miroirs et de projections, nouvelle déclinaison d’un travail, interrogeant le regard, toujours aussi passionnant.

François Bousquet
le 04/01/2016

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