Sarah Tritz : Diabolo mâche un chewing-gum sous la pluie et pense au cul

 date

du 24/11/2015 au 09/01/2016

 salle

Fondation d’entreprise Ricard,
Paris

 appréciation
 tags

Fondation d’entreprise Ricard / Sarah Tritz

 liens

Fondation d’entreprise Ricard

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Avec un titre d’exposition semblable à un cadavre exquis, Sarah Tritz nous promettait quelque chose de composite, un peu foutraque et possiblement narrativement déglingué. Et, précisément, la présentation personnelle qu’elle offre au sein de la Fondation d’entreprise Ricard répond à cette attente avec sa vingtaine d’œuvres faites de collages et d’assemblages divers, à base de papier, carton, bois ou céramique.

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Vue de l’exposition

Fréquemment attachée au corps humain, la jeune femme le représente de manière fragmentée : une tête massive en tilleul d’un côté (Sluggo (tête)) et les jambes de la même essence dans une autre salle (Sluggo (jambes)), un assemblage de membres en polystyrène expansé en entrée d’exposition (Charlotte) et un smiley posé sur des pattes plus loin (Emoticone), des jambes isolées (La jambe rose et La seconde jambe) et une tête de femme larmoyante, comme un décalque d’une toile de Lichtenstein (Teary-eyed). Si, pris séparément, ces morceaux de corps épars peuvent paraître un rien arides, ils prennent assurément sens quand l’exposition est ainsi embrassée dans son ensemble.

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Vue de l’exposition

Au reste, les deux seuls corps entiers et véritablement anthropomorphes sont la plus grande et la plus petite des créations de Sarah Tritz. De fait, le géant qui trône dans la dernière salle de la Fondation, fait d’aluminium peint et articulé un peu à la façon des pantins impose par sa taille tandis qu’une toute petite gymnaste de papier lui fait face, délicatement accrochée à un mur, saisie en plein mouvement (à la manière de ces papillons punaisés) et particulièrement fragile. Leur dialogue muet, leur opposition de tailles et de matériaux dit bien la cohérence de la proposition de la Française.

François Bousquet
le 08/01/2016

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