Kettel & Secede

When Can

(Sending Orbs / Import)

 date de sortie

26/11/2012

 genre

Electronique

 style

Ambient / Electronica

 appréciation

 tags

Ambient / Electronica / Kettel / Secede / Sending Orbs

 liens

Secede
Kettel
Sending Orbs

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L’activité du formidable label Sending Orbs, dont les sorties 4 à 12 sont chroniquées ici, est malheureusement de plus en plus sporadique. Depuis 2009, année qui vit fleurir trois disques, seuls deux albums sont apparus. Nous en rendons compte avec retard, car nous venons seulement de les obtenir, mais nous avons à coeur de maintenir le haut degré de fidélité qui lient ces pages à la structure néerlandaise.

When Can marque, en 2012, le retour de Secede après cinq ans d’absence (Vega Libre en 2007, et la même année une première collaboration avec son pote Kettel, le split EP Perspeeks paru chez Merck). Depuis lors, plus rien ne nous fut offert par Lennard van der Last. Un artiste aussi talentueux que rare, donc ; on n’en dira pas autant de son pléthorique comparse (voir, par ailleurs, la chronique de Ibb & Obb). L’album, conjonction réelle de leurs idées respectives et non adjonction de titres de l’un et de l’autre, qui fut du reste longuement mûri, fourmille d’idées. On y trouve un langoureux mariage guitare acoustique-cordes orchestrales (Kirsten), une excursion indianisante ponctuée de clochettes primesautières et truffée de trouvailles sonores diverses (Ringvanes), ou une plage plus granuleuse lorgnant vers le field recording (Jahe). Cà et là, on voit poindre une mélopée semi-mutine qui n’est pas sans évoquer un Dead Can Dance fricotant avec l’electronica : la première moitié de Deliria Noon et les presque neuf minutes de Canned Forever, tout en nuances et subtilité, bien que l’on aurait apprécié que ce titre de clôture soit davantage charpenté par les cordes ou la harpe.

Les vignettes plus brèves, en lesquelles on peut voir non pas des interludes mais l’ossature du disque, sont particulièrement réussies : A New Factory, plage introductive assez glaçante ; Pentimento, respiration en forme de gigue médiévale ; Missing Time, dérive aquatique et sombre ; Grandcan, irrésistible mélodie douce et émouvante, impeccablement mise en valeur. A quoi l’on peut ajouter un Fullmoon d’excellente facture, où la patte de Kettel se fait bien sentir dans la rythmique et la construction, et en quoi l’on tient l’un des sommets de l’album, où les clochettes reviennent tenir le haut du pavé.

Au final, un album soigné, mûr, complexe et d’une réelle profondeur, qui paraît traversé d’une sorte de tension apaisée entre ombre et lumière, terre et mer, tristesse et joie, et qui transcende les univers respectifs de ses auteurs pour en extraire une sorte de symbiose incontestablement réussie, mais peut-être un peu trop disparate. Il ne constituera sans doute pas la porte d’entrée idéale pour découvrir l’univers des deux comparses, mais est chaudement recommandé aux auditeurs déjà conquis par leurs travaux solo.

Gilles Genicot
le 26/01/2016

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