Opitope

Physis

(Spekk / Mochi Mochi)

 date de sortie

12/01/2014

 genre

Electronique

 style

Ambient / Néo-Classique / Field Recordings

 appréciation

 tags

Ambient / Chihei Hatakeyama / Field Recordings / Néo-Classique / Opitope / Spekk

 liens

Chihei Hatakeyama
Spekk
Opitope

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Cet album sorti début 2014 signait deux retours. D’abord la reprise des activités pour le label japonais Spekk qui s’était arrêté pendant plus de deux ans. Ensuite le retour d’Opitope sur cette même structure alors que le duo sortait son premier album, Hau, chez Spekk en 2007. Entre temps, Chihei Hatakeyama et Tomoyoshi Date se sont illustrés chez Students Of Decay lors d’une collaboration avec Asuna en 2010, et chez White Paddy Mountain en 2013, une structure vraisemblablement dirigée par Chihei Hatakeyama.

L’entrée en matière n’est pas des plus aisées. On est d’abord un peu surpris par l’approche très abstraite, expérimentale, avec une intro vraisemblablement extraite d’une session d’improvisation à base de cordes pincées, quelques coups sur le corps d’une guitare, des manipulations d’objets ou field recordings aux textures granuleuses, le tout se voyant petit à petit enrobé d’une mélodie de piano délicate, virant alors vers un style néoclassique. Au fil de l’eau ce An White Drop Of Morning Dew se densifie et les instruments prennent le dessus dans de riches entrelacs de piano, clochettes et gratouillis de cordes, parfois colorés par quelques nappes.
S’il en reprend le principe, Light Blue Mist And Ripple est plus apaisé, plus doux, l’improvisation laissant ici la place à des résonances métalliques sur fond de forêt tropicale et cris d’animaux. Le travail est particulièrement fin, les évolutions subtiles tout en jouant encore sur la multiplicité des sources sonores. Les résonances se font petit à petit plus brèves, se transforment en tintements en composant une mélodie cristalline, fragile, belle et équilibrée. Très clairement notre pièce préférée.

Si on a là quelques très beaux moments, on a aussi le sentiment que le genre a déjà été énormément visité et que le risque est grand de tomber sur une redite, ou simplement que la formule ne fonctionne pas. C’est un peu l’impression que nous laisse la seconde partie de l’album, avec dans un premier temps un Warmth Of Winter Woods qui, à vouloir faire dans la délicatesse se révèle finalement très maniéré. On est peut-être aussi un peu frustré par l’absence de guitare qui fonctionnait si bien jusque là.
The Dawn Of Memories ensuite est l’occasion pour le duo de changer un peu de style, optant pour une ambient toute en longueur à base de nappes et traitements sonores. C’est beau, délicat et lumineux, on se laisse facilement bercer par cette musique et ses enregistrements sonores en arrière plan, mais tout ceci est finalement assez classique.

Physis reste un bel album d’une ambient acoustique et bucolique, mais on regrettera sa disparité, entre le très beau et le très classique.

Fabrice ALLARD
le 01/02/2016

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