Reinhold Friedl / Franck Vigroux

Tobel

(Alamuse / Metamkine)

 date de sortie

00/02/2014

 genre

Electronique

 style

Expérimental / Noise / Electroacoustique

 appréciation

 tags

Alamuse / Electroacoustique / Expérimental / Franck Vigroux / Noise

 liens

Franck Vigroux
Alamuse

 autres disques récents
Luminance Ratio
Honey Ant Dreaming
(Alt.Vinyl)
Extreme Precautions
I
(In Paradisum)
Lawrence English + Stephen Vitiello
Fable
(Dragon’s Eye Recordings)
Eluvium
False Readings On
(Temporary Residence Ltd)

Nous commençons par bien connaitre Franck Vigroux et sa musique à la fois électroacoustique, industrielle, brute et expérimentale. Si on l’avait déjà croisé aux côtés d’Hanna Hartman (Longitude/Cratere, Komplott) et Phill Niblock (Touch Food, Touch), on découvre ici l’Allemand Reinhold Friedl, connu notamment pour être le fondateur et directeur artistique de la formation Zeitkratzer. On est logiquement assez surpris par cette fusion entre l’électronique de Franck Vigoux et le travail acoustique de Reinhold Friedl, pianiste de formation qui allie musique et mathématique.

Justement en ouvrant le boitier, un découvre une petite phrase que l’on traduira par "Une rencontre entre deux mondes" et qui fait allusion à notre étonnement tout en l’expliquant par une approche contemporaine de la musique et du son, partagée par les deux artistes. L’album se compose d’une pièce unique, Tobel donc, qui s’étend sur un peu plus de 35mn et que l’on va essayer ici de vous décrire.
Comme on peut s’y attendre, disons tout de suite que Tobel est une pièce contrastée, paraissant tantôt improvisée, tantôt écrite, et jouant sur des ambiances tour à tour ambient et bruitistes, même si sur la longueur cette pièce nous donne l’impression d’être très contrôlée, tout autant maitrisée dans ses excès que dans ses retenues. Cela dépendra bien sûr des auditeurs, mais pour nous cette impression de contrôle permanent, principalement sur la seconde partie de l’album, empêche cette œuvre de se déployer pleinement.

Alors oui, on démarre en douceur, avec un son à peine audible, puis une note apparait, donnant l’impression d’être produite par le glissement d’un archet à laquelle quelques tonalités électroniques particulièrement aigües se joignent. La musique se fait mécanique avec une sorte de frottement régulier, quelques grondements feutrés, des glissements d’archet que l’on pourra trouver ludiques alors que les souffles menaçants ne cessent de prendre de l’ampleur. Là, un verre se casse et on entre dans la deuxième partie de la pièce que l’on qualifiera de sauvage : les machines de Franck Vigroux grondent et saturent dans un amas de textures crissantes qui rivalisent avec une montagne de clochettes et grelots.
Une fois l’orage passé, on revient au calme, à une musique très posée, expérimentale, électroacoustique, à base de grincements, résonances, avec peut-être un retravail en direct par Franck Vigroux des sonorités produites par l’allemand. C’est très beau, organique, grésillant, à la fois glissant et virevoltant alors que des coups sourds menacent au loin. C’est alors qu’un ensemble de drones nasillards prend le dessus emporte le tout dans une tempête numérique, électronique et bruitiste qui signe la fin de cette deuxième partie.
C’est le dernière tiers de l’album qui nous parait très écrit, tout en restant surprenant lorsque les deux hommes alternent entre (quasi) silences, textures tirées des machines et coups sourds. On se demande un peu ce qui se passe, croyant l’album terminé à de multiples reprises avant de se faire surprendre par un son, un bruit de moteur, un souffle grave ou de brefs frétillements. Un final à la fois ample et ouvert, une œuvre abstraite et habitée.

Pour se faire une idée, le site dédié : http://tobel.dautrescordes.com

Fabrice ALLARD
le 03/02/2016

À lire également

Franck Vigroux
Camera Police
(D’Autres Cordes)
13/03/2009
Présences Electronique
(Le 104)
07/05/2012
Mika Vainio + Franck (...)
(Le Générateur)
Deison
Night Sessions
(Silentes Minimal Editions)