La Chaise Humaine

 chorégraphe

Perrine Valli

 date

03/02/2016 et 04/02/2016

 salle

Auditorium St Germain des Prés,
Paris

 appréciation
 tags

Auditorium St Germain des Prés / Perrine Valli

 liens

Perrine Valli

 dans la même rubrique
du 23/01/2017 au 27/01/2017
Happy Hour
(Théâtre de la Bastille)
du 03/11/2016 au 10/11/2016
Sideways Rain
(Théâtre Monfort)
05/08/2016 et 06/08/2016
Beats
(Square des Amandiers)
01/08/2016
Bataille
(Parc de la Butte du Chapeau Rouge)

Présentée en ouverture d’un programme du festival Faits d’Hiver composé de trois courtes chorégraphies de vingt minutes chacune, La Chaise Humaine sera la seule sur laquelle on s’arrêtera. D’une part, en raison du suivi régulier que ces pages font du travail de Perrine Valli et, d’autre part, parce que les deux propositions suivantes ne nous ont guère convaincus. Se concentrer sur cette nouvelle pièce de la Franco-Suisse, c’est s’attacher à un duo de danseurs opérant sur le plateau tandis que la jeune femme lit des extraits de La Chaise Humaine, nouvelle de l’auteur japonais Edogawa Ranpo.

Éloignés au début du spectacle (elle sur une balançoire, lui sur un fauteuil), les corps se rapprochent peu à peu, à mesure que le récit se déploie et nous entraîne dans un univers à la fois étrange et décalé. Le texte du Japonais narre ainsi l’histoire d’un artisan, fabricant de meubles, qui désosse un fauteuil et se glisse dedans, pour mieux ressentir le contact des femmes qui viennent alors s’asseoir sur lui. Entre fétichisme et sensualité, repli sur soi et mise en perspective d’un corps empêché, on imagine bien ce qui a pu séduire Perrine Valli dans ce récit.

Transposé sur le plateau, il se trouve retranscrit symboliquement par un enchâssement des corps, une volonté de les entremêler, quand ils ne sont pas, plus directement encore, immiscés dans l’armature même de l’un des fauteuils noirs présents sur scène. Avec leurs mouvements assez lents, Magali Saby et Ariel Martinez illustrent ce sentiment d’engoncement, effectuant régulièrement leurs gestes en miroirs ou s’enlaçant jusqu’à ne plus faire qu’un. Retrouvant quelques-uns des gestes habituels de Perrine Valli (ces paumes à plat et doigts serrés ou bien ces bras semi-tendus de part et d’autre du buste), La Chaise Humaine s’inscrit bien dans son parcours, bien qu’elle n’interprète pas elle-même cette nouvelle création.

François Bousquet
le 05/02/2016

À lire également

22/09/2011
Sébastien Roux
(Auditorium St Germain)
19/05/2010
Je pense comme une (...)
(Centre Culturel Suisse)
30/11/2002
Tokyozone : Yoshihiro
(Auditorium St Germain)
25/09/2010
Série
(Mains d’Oeuvres)