Roberto Zucco

 auteur

Bernard-Marie Koltès

 metteur en scène

Richard Brunel

 date

du 29/01/2016 au 20/02/2016

 salle

Théâtre Gérard Philipe,
Saint-Denis

 appréciation
 tags

Bernard-Marie Koltès / Théâtre Gérard Philipe

 liens

Théâtre Gérard Philipe

 dans la même rubrique
du 21/09/2016 au 08/10/2016
Nobody
(Théâtre Monfort)
du 10/05/2016 au 04/06/2016
Je suis Fassbinder
(Théâtre de la Colline)
du 17/03/2016 au 03/04/2016
En Route – Kaddish
(Nouveau Théâtre de Montreuil)
du 16/03/2016 au 26/03/2016
L’Adversaire
(Théâtre Paris-Villette)

Sans n’avoir jamais lu ou vu Roberto Zucco, la pièce de Bernard-Marie Koltès ne nous était pas inconnue. La folle cavalcade de ce tueur en série dans les années 1980, entre Italie et France, fait, en effet, régulièrement l’objet d’articles ou de documentaires télévisés et Cédric Kahn en avait tiré un long-métrage en 2001. Avec un tel matériau de départ, la dernière pièce de Koltès se trouve fréquemment montée sur les scènes françaises, parfois portée, dans le rôle-titre, par une tête d’affiche comme c’est le cas dans la création de Richard Brunel qui offre à Pio Marmaï un terrain d’expression assez éloigné de ses habituelles compositions cinématographiques dans des comédies romantiques.

Dans la foulée du texte de Koltès, Brunel fait le choix de ne pas héroïser Roberto Zucco : assez peu effrayant au début, le jeune homme bascule progressivement dans une forme de folie avant de verser dans la mégalomanie exhibitionniste dans la scène finale. Seul intervenant à être revêtu d’un patronyme dans la pièce, Zucco côtoie des personnages archétypaux (la Gamine, la Dame élégante, etc…) dans un déroulement où ce nom va se trouver au centre de la pièce puisque il ne sera confié qu’en secret à la Gamine, qui ne le lâchera ensuite que difficilement aux policiers qui l’inscriront sur le mur, aux côtés des photos du tueur. À la fin, Zucco ne se revendiquera même plus comme tel, mais comme « le meurtrier de mon père, de ma mère, d’un inspecteur de police et d’un enfant ». Naissent alors plusieurs questions sur ce qui nous définit : est-ce ce que la société fait de nous, ce par quoi elle nous désigne, le rôle qu’elle nous attribue, ou bien notre propre nom patronymique ?

Cette quête d’identité ne se trouve pas toujours véritablement tenue par la mise en scène qui se déploie plutôt dans une certaine dimension spectaculaire, avec son grand plateau embrassant toute la cage de scène, sa scénographie riche (échelles, échafaudages, parois coulissantes…) et sa distribution multiple. Permettant de bien appréhender la narration de la pièce, cet aspect plaît également assurément au public scolaire mais nous a paru tirer le texte vers quelque chose de moins tragique que la connaissance que nous en avions par les biais mentionnés précédemment. Ainsi, Richard Brunel accentue la présence des passants, sorte de chœur antique commentant l’action, dans deux passages importants : celui du jardin public avec la prise d’otage et la scène finale. À la limite de la bouffonnerie (notamment par le personnage du vieux monsieur ou celui du présentateur de télévision, invention du metteur en scène qui transforme ainsi l’un des passants et rajoute une couche supplémentaire à la mise en abyme), ce mécanisme gêna un peu notre perception globale de la pièce, toutefois marquée par quelques trouvailles visuelles et une belle énergie d’ensemble.

Autres dates :
-  du 2 au 4 mars 2016 : Théâtre de Caen
-  du 10 au 12 mars 2016 : Centre Dramatique National d’Orléans
-  17 et 18 mars 2016 : Comédie - Clermont-Ferrand

François Bousquet
le 09/02/2016

À lire également

du 13/01/2014 au 07/02/2014
Les Gens
(Théâtre Gérard Philipe)
du 26/09/2011 au 16/10/2011
Micro
(Théâtre Gérard Philipe)
du 28/11/2013 au 15/12/2013
Déplace le Ciel
(Théâtre Gérard Philipe)
du 02/03/2009 au 21/03/2009
Scanner
(Théâtre Gérard Philipe)