Jusqu’à ce que rien n’arrive

 date

du 02/12/2015 au 14/02/2016

 salle

Maison des Arts,
Malakoff

 appréciation
 tags

Alberto Giacometti / Giulia Andreani / Julien Prévieux / Maison des Arts / Pierre Alechinsky / Vittorio Santoro

 liens

Maison des Arts

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Medium de base et ancestral (le livret de salle remonte même jusqu’à la préhistoire, l’Antiquité ou Jésus-Christ), le dessin fait régulièrement l’objet d’expositions collectives, nécessaires pour faire le point sur la manière dont cette pratique est prise en main par les créateurs contemporains. Avec Jusqu’à ce que rien n’arrive, on se trouve effectivement face à des appréhensions très diverses de cette technique, parfois vue comme un simple travail préparatoire (la Teriade d’Alberto Giacometti) ou comme la retranscription quasi-éruptive d’un instantané (le trait humoristique de Louise Pressager, la moquerie des logos des grandes marques par Adrien Guillet, les griffonnages de Julien Prévieux en marge d’un livre non imprimé, les imitations de signature de Barack Obama par Jean-Philippe Basello ou encore le contour d’une réservé mohawk tracée par Alice Didier Champagne sur une feuille quadrillée).

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Vue de l’exposition

Plus ouvragé et façonné, le travail de certains autres plasticiens peut être réalisé à la mine de plomb (Adaptando La Carta de Fabiola Torres-Alzaga), au graphite (Explosion Partielle d’Hugo Sicre), au fusain (le grand Wanted de Gaston Damag, sur lequel on voit les traces de doigts de l’artiste) ou bien être gravé sur papier (Sello Cuarto/Una Cuartilla de Pierre Alechinsky). Quelle que soit la technique employée, demeure la volonté de coucher sur un support, de manière en apparence assez simple, une idée, un regard ou une pensée. Ce désir se traduit même, parfois, dans des créations situées à la frontière (voire de l’autre côté de celle-ci) avec le dessin : la carte du monde d’Olivier Garraud, réalisée au marqueur à même le mur, ou les trois petites aquarelles de Giulia Andreani.

Transcendé, le geste peut aussi se charger d’une belle profondeur, lorsque le graphite se fait plus appuyé (Ensemencer les Nuages de Daphné Le Sergent) ou quand Vittorio Santoro joue sur la réécriture d’une même phrase, au même endroit de la même feuille, provoquant un effet proche d’un relief baveux. Dans un tel contexte d’exposition axé sur une technique, il reste néanmoins difficile d’appréhender les œuvres pour ce qu’elles sont, tentés que nous sommes de les considérer comme représentatives des potentialités d’un medium davantage que comme des créations à part entière.

François Bousquet
le 13/02/2016

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