Festival Premiers Plans d’Angers 2016 - Reprise du Palmarès

 date

du 22/01/2016 au 31/01/2016

 salle

Forum des Images,
Paris

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Un garçon, une fille : cet éternel point de départ du cinéma irrigua la moitié des films présentés lors de la soirée de reprise parisienne du palmarès des Premiers Plans d’Angers. Avant d’en venir à ces propositions, on passera plus rapidement en revue les trois autres œuvres projetées. Suite de collages visuels, mash-ups et dessins vectoriels, Hotaru (Prix des étudiants d’Angers et Prix de la création musicale) se veut une histoire un peu fantastique (une petite fille hypermnésique est endormie afin que son cerveau puisse voyager dans l’espace, sans que son corps ne vieillisse). Malheureusement, le propos de William Laboury se dilue et se trouve inutilement étiré, si bien que la recherche visuelle finit par faire mal aux yeux et à la tête.

Dans la même section des Films d’écoles européens, Edmond reçut le Grand Prix du Jury, venu récompenser ce qui ressembla fort au traditionnel quota du film d’animation sur un personnage masculin en milieu de vie, esseulé et dépressif qui se retourne sur son histoire passée. À la différence de nombreux autres courts-métrages du même acabit vus les années précédentes, celui de la Britannique Nina Gantz n’était pas en pâte à modeler, mais avec des pantins réalisés en laine épaisse. Pour autant, sur le fond, rien de très différent, ni de très excitant. Prix du Public parmi ces Films d’écoles, Tombés du Nid fit montre d’autrement plus d’humour en saisissant deux jeunes de cité qui, sur leur chemin vers une boîte de nuit où l’un d’eux espère enfin aborder la belle Linda, croisent une cane et ses canetons. Léger et souriant, confrontant le « parler jeune » à la simplicité de la faune, le court-métrage de Loïc Espuche, réalisé dans une animation saccadée, séduit assurément.

Lui 14 ans, elle 11 ans (et demi) : alors qu’Ena rêve de traverser l’étang pour rejoindre un jeune pêcheur qui l’attend de l’autre côté, Diego sait naviguer et connaît une île où ils pourront faire une halte pour la nuit. Entre récit initiatique et robinsonnade, L’Île Jaune se situe sur une ligne de crête que le court-métrage de Léa Mysius et Paul Guilhaume, Grand Prix du Jury des courts-métrages français, parvient à conserver. La nature se fait ainsi présente sur l’île (mouette, végétation, marée) mais pas trop envahissante, la tonalité prend des atours menaçants mais cette inquiétude est vite dissipée tandis qu’Ena elle-même ne sait plus trop où elle en est, balançant entre le pêcheur et Diego.

Lui et elle, dans la vingtaine tous les deux : Sébastien, timide, essaye de se rapprocher de Julie, avec qui il travaille et bien que celle-ci ait déjà un petit ami. Sur ce canevas très classique, Yann Delattre trace un court-métrage d’une fraîcheur certaine et empli d’humour, bien ancré dans une réalité d’aujourd’hui (petit boulot précaire, sous-location, amours fragiles, échanges par SMS). Jeunesse des Loups-Garous, lauréat du Prix du Public, du Prix des Bibliothécaires et de deux Prix d’interprétation pour ses deux acteurs principaux, se fait également assez tendre, même dans ses scènes attendues comme celle du karaoké où Sébastien reprend She’s got a Problem des Fountains Of Wayne, avec tous les sous-entendus liés aux paroles de cette chanson.

Lui et elle, 15 ans chacun : Maxime et Mélanie découvrent l’amour mais découvrent aussi que l’adolescente est enceinte. Arrivé à Angers après avoir écumé de nombreux festivals depuis l’été dernier où il était présenté à Locarno, dans la section Cinéastes du Présent, Keeper y reçut le Grand Prix du Jury, belle récompense pour un long-métrage porté par deux magnifiques interprètes (Kacey Mottet Klein et Galatea Bellugi). Départi de tout jugement moral à l’endroit de ses personnages, le film de Guillaume Senez veut plutôt suivre leur évolution et leurs atermoiements, leurs doutes et leurs emballements, leurs moments de creux et leurs rires. Pour une fois, dans un registre qui laissait pourtant imaginer l’inverse, les parents des adolescents ne sont pas tenus à l’écart et participent à la prise de décision et à ses conséquences. Tiraillé entre sa volonté de garder l’enfant et son souhait de mener une carrière de footballeur professionnel (le titre du film joue d’ailleurs sur le mot « keeper », pour celui qui garde l’enfant, mais aussi comme composante de « goal-keeper »), Maxime oscille sans cesse et s’efforce de résister, pendant que Mélanie tente de faire face à sa propre mère, elle aussi ayant été enceinte très jeune. La difficulté des deux jeunes à se dire les choses (leurs touchants « je te déteste » revenant comme un gimmick, pour se dire « je t’aime ») ou à se projeter en tant que futurs parents se trouve alors joliment mis en balance avec leur indéfectible croyance que cela va réussir, malgré tous les obstacles. À leurs côtés, on se trouve alors à partager cette foi en l’avenir.

Date de sortie :
- Keeper : 23 mars 2016

François Bousquet
le 18/02/2016

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