Soirée Morr Music : Slow Steve / Aloa Input / Fenster

 date du concert

12/02/2016

 salle

Petit Bain,
Paris

 tags

Aloa Input / Fenster / Morr Music / Petit Bain / Slow Steve

 liens

Morr Music
Petit Bain
Fenster

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Il y a une quinzaine d’années à Paris, les soirées consacrées à Morr Music permettaient de voir Arovane, Phonem et Hermann & Kleine. Plus tard, on eut droit à des concerts comptant des groupes à chanteuse (Lali Puna, Ms. John Soda) avant que la tournée organisée en ce mois de février ne permette de voir Slow Steve, Aloa Input et Fenster. Symbolique de l’évolution du label allemand, ce plateau, initialement programmé à La Maison Sage (nouveau lieu parisien, pas encore prêt), avait été relocalisé à Petit Bain et ouvrit avec une prestation de Slow Steve, dans la foulée du EP du Français paru en mai 2015.

Armé de sa guitare électrique, Rémi Letournelle se situait au centre de la scène, entouré de deux camarades aux synthés (dont un double) et d’un batteur. Cette configuration renforçait ainsi ce qu’on avait pu ressentir à l’écoute du disque de Slow Steve, soit un aspect un peu dégoulinant et saturé du son proposé par la formation, bien que le fait de retranscrire en live ces compositions permît quelques digressions un peu plus aventureuses (Prince de Combat) ou bien le passage d’un des claviéristes à la basse, pour un jeu proche du funk. Néanmoins, la voix grave et traînante, pas toujours très juste (Sun Moon), du Rémois, n’aida guère à nous faire apprécier un ensemble dont le dernier morceau, plus long et fait de ruptures de rythmes (début dans un registre indie-pop, avant d’évoluer vers la ballade puis l’électro-pop), se montra nettement plus intéressant.

L’an passé, avait également paru un nouvel album d’Aloa Input. Fort logiquement, le trio allemand se trouvait aussi sur la route pour défendre cet effort et livrer un set dont les morceaux oscillèrent entre pop funky (basse rebondie, accords de guitare grattés) et aspects plus psychés (instrumentation assez riche, nombreux effets, travail à la pédale). Mélodiquement emballant (Perry, Another Green World), les titres des Allemands se signalaient, de surcroît, par de belles harmonies vocales entre Cico Beck et Florian Kreier tandis que l’introduction de samples parlés ou de samples de xylophones renouvelait les composantes. Pour conclure, Zweiklang fut convoqué, soit le dernier morceau d’Anysome (premier album du groupe), avec sa dimension plus éthérée, son chant plus aérien, sa réverbération et sa plus grande complexité.

Autre album sorti en 2015 par Morr Music, Emocean est à la fois un film et un disque, tous deux concoctés par Fenster ; partant, ces temps-ci, le groupe combine dates de concerts traditionnelles et ciné-concerts. Pour leur date parisienne, la première option fut retenue, bien que l’esthétique du film (et du disque) fut quand même présente sur la scène de Petit Bain. JJ Weihl s’était ainsi vêtue d’une ample tenue blanche et avait mis des paillettes au coin des yeux, Lucas UFO et Jonathan Jarzyna arboraient des coupes de cheveux (frisés, longs et à frange) héritées du flower power tandis qu’un poster de cheval assez kitsch était scotché sur le clavier de la jeune femme. Dans cette continuité, le début de leur set nous transporta sur les rivages d’une pop progressive : nappes de synthé, chant évanescent et ambiance limite émolliente. Passant à quelque chose de plus psyché par la suite, avec une volonté de rallonger les morceaux par rapport au disque et de densifier la rythmique (Elias Hock était ainsi convié à assurer la batterie, pour cette tournée), le quatuor se livra même à quelques petits clins d’œil (tel ce riff de Boys don’t cry, inséré à la fin d’un titre). Sur le dernier morceau du set principal (avant, en rappel, de manière plus dispensable, la présence d’un titre plus ancien), Weihl et Jarzyna rejoignirent Hock à la batterie, elle au tom et au charleston, lui sur la tête d’une cymbale, pendant que Lucas UFO resta à la guitare et au synthé, belle conclusion d’une prestation cohérente.

François Bousquet
le 17/02/2016

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