Kettel

Ibb & Obb Original Soundtrack

(Sending Orbs / Import)

 date de sortie

06/08/2013

 genre

Electronique

 style

Electronica / Musique de film

 appréciation

 tags

Electronica / Kettel / Musique de film / Sending Orbs

 liens

Kettel
Sending Orbs

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A l’instar de When Can, composé en duo avec son comparse Secede, nous avons tardé à recevoir ce qui paraît bien constituer, tristement, le dernier coup d’éclat de la structure néerlandaise à laquelle ces pages sont fidèles (11 de leurs 14 sorties sont chroniquées). Qu’importe, nous avons à coeur d’en rendre compte, par fidélité tant au label qu’à l’artiste qui en fut l’une des chevilles ouvrières. Il s’agit du 10ème album de Kettel - sans compter la collaboration précitée et, en 2013 également, la pléthorique compilation digitale Unreleased 2002​-​2012 - et du 6ème paru chez Sending Orbs. Depuis lors, l’ami Reimer Eising se fait curieusement silencieux ; nul doute qu’il nous reviendra bientôt.

Bande originale d’un jeu vidéo, Ibb & Obb est aussi, sans contestation possible, une oeuvre à part entière, et de très haute tenue. 26 morceaux, 74 minutes : de quoi goûter pleinement à l’univers de l’auteur, ou s’y replonger pour ceux, certainement nombreux, qui suivent avec passion ses travaux depuis 15 ans. Orfèvre aussi classieux que facétieux, Kettel nous propulse avec brio sur les ailes enivrantes des sonorités douces et tintinabulantes dont il a le secret. D’entrée, on vogue avec délice d’une vignette à l’autre, profitant ici d’une parfaite dissertation électronique fine et enjouée combinant notes claires et primesautières, clochettes et impeccable tapis mélodique (Fincity), là d’une triple respiration plus mélancolique et chaleureuse, tout en demeurant guillerette (Post, Post Crow, Post Hero). On retrouve avec un vif plaisir, charpentant et structurant un propos d’une tonalité globalement contemplative (Clara, Secret Pelle), les sons cristallins, les mélodies mutines et d’une absolue fraîcheur, qui sont la marque de fabrique du Néerlandais (Clarity, Clear, Secret BB). La deuxième moitié du disque se fait plus ouatée et contemplative, avec les suites apaisantes Nord, Secret et Ghost ; on en retiendra par exemple Secret Amanda et surtout Ghost Cave, particulièrement remarquable, qui évoque de par son ampleur le sommet discographique que constitue Volleyed Iron sorti chez U-Cover en 2004. Le beau voyage se clôt par l’impeccable triade Krabs et culmine avec les succulents frétillements cinématiques et sépulcraux de Krabs Chased, le plus long morceau du disque.

On aurait pu craindre, s’agissant d’un soundtrack, un collage un peu disparate fait de coups d’éclat mais aussi de remplissage ; on aurait tort, car ce serait sans compter sur l’inspiration ébouriffante d’un musicien électronique hors pair, architecte sonore intègre, brillant et raffiné, qui nous gratifie ici de l’un de ses meilleurs disques, foisonnant et élégant. S’ils en restent là, les artisans de Sending Orbs pourront assurément s’enorgueillir d’une poignée de disques tout à fait essentiels.

Gilles Genicot
le 14/03/2016

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