Présences Électronique 2016 - Tod Dockstader / Valerio Tricoli / Puce Mary / Suum Cuique

 date du concert

04/03/2016

 salle

Le 104,
Paris

 tags

Festival Présences Électronique 2016 / INA / GRM / Le 104 / Valerio Tricoli

 liens

INA / GRM
Le 104

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Fidèles au Festival Présences Électronique, nous avions immédiatement coché nos trois soirées de début mars dès que la programmation de cette édition 2016 avait été annoncée. Entre artistes déjà vus (Lichens, Valerio Tricoli, Lasse Marhaug) et musiciens établis que nous n’avions pas encore eu l’occasion d’apprécier sur scène (Sidsel Endresen & Stian Westerhus, Pita, John Wiese, Rashad Becker), le plateau réuni par l’Ina GRM avait tout pour nous séduire et nous conduire à concentrer notre recension de cette douzième édition sur les trois principaux moments du festival (ceux tenus dans la Nef Curial).

Comme de coutume, la soirée commença tout d’abord par une œuvre de répertoire, dont la diffusion était assurée par un membre du GRM (François Bonnet, en l’occurrence). Décédé l’an passé, Tod Dockstader avait composé plusieurs pièces, entre musique concrète et musique électronique, dont ce Traveling Music, initialement pensé pour être écouté en mono. Le travail de mise en espace prenait alors tout son sens et, précisément, on eut l’impression que ces séries de bleeps et de petits tapotements venaient de partout. Pour autant, l’ensemble laissa le sentiment d’entendre quelque chose de très classique, voire un peu convenu, typique des pièces diffusées en ouverture de Présences Électronique.

Après avoir installé une sorte de gros élastique entre deux pieds de micro positionnés devant sa table, Valerio Tricoli débuta son set par des fragmentations diverses, comme si le lancement des bandes de son magnétophone Revox était mis en boucle. Quelques samples parlés troncaturés vinrent ensuite compléter son propos avant que n’apparaissent des souffles rauques et sombres. Placé, à sa demande, dans la pénombre (toute relative puisque la configuration de la Nef Curial rend très compliqué l’obscurcissement de la scène), l’Italien enchaîna avec des aspects plus compact, faits de composantes quasi-industrielles et métalliques. Par rapport à notre souvenir du set donné par Tricoli aux Instants Chavirés en 2010, ces vingt minutes parurent alors moins bruitistes mais aussi moins variées, même si son maniement de l’électroacoustique n’est plus à démontrer.

Découverte, ensuite, avec Puce Mary, auteur de plusieurs sorties depuis 2010 et que le programme associait tout à la fois aux musiques noise et industrielles, à la dark ambient et au minimal synth. Avec ses basses sourdes et appuyées, la Danoise attaqua par un ensemble plutôt anxiogène avant de passer devant sa table au milieu de son set ; se saisissant d’un micro, elle cria dedans tandis que des saturations recouvrirent sa voix et se mêlèrent à cet apport vocal. Difficile alors d’identifier la valeur ajoutée par le timbre de la jeune femme, et mêmes difficultés pour percevoir une quelconque spatialisation du son, tout au long d’une prestation aux tonalités un peu trop dures.

Pour terminer, en lieu et place de Demdike Stare (Sean Canty étant coincé à Manchester par une tempête de neige), Miles Whittaker présenta son projet solo. Celui que l’on connaît surtout comme ingénieur du son, auteur du mastering sur bon nombre d’albums de notre discothèque (tous ceux du label Moteer, par exemple), agit, en effet, aussi comme DJ et musicien, sous le nom de Suum Cuique. Dans un concert qui, à la différence des deux précédents, sut habilement jouer avec l’acousmonium, des nappes sombres et un mini-larsen furent envoyés par les enceintes placées au centre, pendant qu’en périphérie, le public reçut quelques petites explosions sonores. L’apparition de quelques cliquetis et rythmiques sembla tirer la musique de l’Anglais vers une veine plus electronica, mais ils disparurent rapidement pour laisser place à des agrégats opaques et denses. Accompagné d’une jeune femme (casque sur les oreilles, chargée de lancer vinyles et dubplates), Whittaker lui donnait ses instructions et consignes, montrant l’écran du laptop ou la dirigeant du regard. Peut-être un peu trop homogène, la demie-heure se clôtura néanmoins par un très bon dernier morceau, fait de notes de basse bien détachées et de quelques touches chromatiques.

François Bousquet
le 06/03/2016

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