Présences Électronique 2016 – Jaap Vink / Rashad Becker / Lasse Marhaug / Sidsel Endresen & Stian Westerhus

 date du concert

05/03/2016

 salle

Le 104,
Paris

 tags

Festival Présences Électronique 2016 / INA / GRM / Lasse Marhaug / Le 104 / Rashad Becker

 liens

Lasse Marhaug
INA / GRM
Le 104

 dans la même rubrique
15/09/2016
Quentin Sirjacq
(Maison Rouge)
05/09/2016
Chris Watson
(Fondation Cartier)
24/08/2016
Spring.Fall.Sea
(Pop In)
14/07/2016
Concert-surprise
(Blockhaus DY10)

Pour ouvrir la deuxième soirée de Présences Électronique 2016, au lieu d’une authentique pièce de répertoire, le GRM avait sollicité Keez Tazelaar pour réinterpréter une création improvisée de Jaap Vink. Forme d’aporie, ce mécanisme permit pourtant d’entendre En Dehors, œuvre que le Néerlandais étala sur cinq ans et qui fut donc ici présentée dans une version d’une dizaine de minutes, à même de faire découvrir cette ambient dense aux sonorités semblables à des amas d’instruments à cordes.

Un peu comme Miles Whittaker la veille, Rashad Becker nous est principalement connu pour son travail au mastering, au sein du studio berlinois Dubplates & Mastering (opérant sur des disques parus chez Morr Music, Lux Nigra ou Type). Musicalement, l’Allemand, qui a publié un album sous son nom propre, livra une superposition d’éclats et de poussées sonores, avec crépitations et sonorités semblant sortir de jeux vidéo. L’absence de véritable liant le conduisit malheureusement à offrir une vingtaine de minutes trop répétitives, bien que sachant pertinemment tirer parti de l’acousmonium.

Même attachement à ce mode de diffusion pour Lasse Marhaug qui rejouait, ce samedi soir, The First Eight, déjà entendue en septembre dernier à l’Audible Festival. On avait alors pointé une approche quasi-noise, faite de grondements et grésillements, avec une spatialisation perfectible. De toute évidence, le Norvégien sut mieux s’en sortir cette fois-ci puisqu’on eut immédiatement l’impression d’être pris au milieu d’un champ de tir, à devoir éviter les balles sonores qui sifflaient de partout : déflagrations, sifflements, souffles, vents électroniques, notes tenues façon sirène de paquebot, crépitements. Peut-être un peu agressif, le propos se montra néanmoins impressionnant par sa manière d’envelopper le spectateur.

Figures de la scène norvégienne, Sidsel Endresen (collaborations avec Bugge Wesseltoft, Christian Wallumrød ou Helge Sten, en plus de ses propres disques sur ECM) et Stian Westerhus (ancien membre de Jaga Jazzist, entre autres) forment depuis 2010 un duo qui a déjà donné deux albums sur Rune Grammofon. Leur jazz vocal expérimental n’est pas forcément le premier style musical auquel on pense pour qui se rend à Présences Électronique (plusieurs membres du public quittèrent, d’ailleurs, la Nef Curial) mais nous étions, pour notre part, très intéressés par la vision de leur duo. Pour cette prestation aux morceaux enchaînés, Endresen était donc au chant tandis que Westerhus officiait à la guitare électrique, proposant improvisations expérimentales (cordes tirées, instrument frappé, cri dans les micros de sa six-cordes ou jeu à l’archet) et jeu sur les pédales afin de triturer les sons. Assise sur une chaise, Sidsel Endresen occupait l’espace sonore avec, alternativement, des vocalises, des notes tenues, un débit continu, des jeux avec sa bouche ou des souffles. Les deux pratiques se rejoignaient régulièrement pour évoluer à l’unisson : quand Endresen produisit un chant plus lié, Westerhus installa, par exemple, des nappes plus accueillantes et quelques notes perlées. Après toute une suite de propositions en duo, ce dernier se retrouva seul pour les dernières minutes et se lança alors dans un jeu plus effréné et très free ; sans surprise, il cassa une corde, ce qui ne l’empêcha pas de fini en empilant les saturations.

François Bousquet
le 07/03/2016

À lire également

Cornucopia
.C. Works
(Zeromoon)
20/09/2015
L’Audible Festival #4 (...)
(Échangeur)
Pure
No End of Vinyl
(Crónica Electronica)