Les Gens d’Oz

 auteur

Yana Borissova

 metteur en scène

Galin Stoev

 date

du 03/03/2016 au 02/04/2016

 salle

Théâtre de la Colline,
Paris

 appréciation
 tags

Théâtre de la Colline / Yana Borissova

 liens

Théâtre de la Colline

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Avec un plateau quasi-nu (une toile en feutrine le recouvre presqu’intégralement) et un premier duo entre deux amis au sujet d’une invitation à dîner reçue par le premier (Erwin) chez une jeune femme (Mia), on s’imagine se trouver face à une suite de saynètes, façons flashes captés dans les différents appartements d’un immeuble. Or, rapidement, Yana Borissova met en place une forme de cheminement narratif autour de la possible reprise de l’écriture par Anna, une célèbre écrivaine vivant dans l’appartement voisin, de la fascination de Mia, assistante d’un éditeur, pour cette auteure et de l’attirance d’Erwin pour Mia.

Toutefois, ce récit n’est pas le plus important dans Les Gens d’Oz, troisième pièce de la dramaturge bulgare, puisqu’il s’agit plutôt de se concentrer sur l’aspect psychologique des personnages et leurs sentiments : crise de la création, recherche du bonheur, volonté de vivre ensemble et d’appartenir à quelque chose. Pris aussi comme un personnage (il est dit qu’il « regarde et observe ses occupants »), l’immeuble est également intégré à ce travail d’écriture puisque, régulièrement, l’un ou l’autre des comédiens se met à jouer l’intérieur de l’immeuble contre le reste de la ville (Anna dit, par exemple, que son « soi-disant isolement n’est que la tentative de séjourner harmonieusement dans un monde dérangeant »), voire, plus modestement, le petit groupe réuni dans l’appartement d’Erwin contre le reste de l’immeuble.

Quelques situations cocasses naissent alors, avec le personnage de Truman, co-habitant de l’appartement d’Anna, perclus de manies et marqué par une haine de Silvio, qui habite en dessous, figure repoussoir du voisin exécré. Soulignant ces incursions comiques, la mise en scène de Galin Stoev (compatriote de Borissova) insiste également sur la frénésie et la circulation de la parole et des êtres (ces intermèdes dans lesquels ils sautent sur de gros poufs-édredons, rentrant en courant à cour et sortant à jardin). Mais la dimension littéraire de la dramaturgie n’est jamais loin : une machine à écrire est posée dans un coin, une vidéo finale en montre une autre en gros plan, des mots sont écrits sur une paroi vitrée.

À défaut de se raccrocher à une véritable trame, et se trouvant plutôt intéressé par le texte et ses développements, on cherche alors une éventuelle métaphore qui nous conduirait à imaginer que l’immeuble serait un pays où tout le monde se persuade qu’il vit bien alors qu’au dehors, la situation est nettement plus mitigée. Si cette lecture plus politique n’est pas nécessairement celle à laquelle l’auteur avait pensé, le fait qu’on y songe témoigne de la richesse de cette pièce.

François Bousquet
le 17/03/2016

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