Ottoanna

Federated States of Micronesia

(P48 Editions / MUDAM / Internet)

 date de sortie

00/03/2014

 genre

Electronique

 style

Ambient / Expérimental / Field Recordings

 appréciation

 tags

Ambient / Expérimental / Field Recordings / OttoannA / P48 Editions / MUDAM / Rodolphe Alexis

 liens

OttoannA
Rodolphe Alexis

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Aussi incroyable que cela puisse paraitre, alors qu’on les voit en concert depuis près de 10 ans, Federated States of Micronesia est le premier album de OttoannA, le duo formé par Valérie Vivancos et Rodolphe Alexis. Il s’agit du coup d’une rétrospective afin de fêter 10 ans d’activité, et l’occasion pour nous de retrouver l’ambiance de leurs concerts via 4 pièces composées entre 2005 et 2010.

On plonge tout de suite dans un univers mystique avec Get Rid of these Rubber Noises et ses drones enveloppants sur lesquels viennent se poser d’étonnants chœurs religieux. Une invitation à l’introspection brièvement interrompues par un ensemble de bruitages abruptes, entre granulosités et grincements d’un ballon de baudruche, mais qui reviendra dans un mélange tout aussi harmonieux de nappes feutrées, chœurs féminins et manipulations vocales sophistiquées. En fin de pièce, ce sont des grondements sourds, crépitements, bref un danger croissant qui fait son apparition et finit par tout emporter dans une vague bruitiste.
Le morceau titre se fait plus expérimental, se rapprochant de la musique concrète et de l’improvisation avec ses multiples manipulations d’objets, frétillements métalliques, cordes fines et autres bruissements. Une voix feutrée, un drone métallique magique qui oscille, quelques bruitages entre grelots et clapotis, et nous voici en bord de mer, dans un ailleurs un peu inquiétant avec ses ronronnements sourds, raclements et grincements incessant d’une grille métallique. Quand le calme semble revenir, c’est au profit d’une ambient crépitante et d’une voix lointaine énumérant des noms de pays sur de petits tintements électroniques.

Le troisième volet a été composé en 2006 et on se rend compte, malgré la disparité de ces pièces, de la cohérence du travail du duo qui allie à merveille travail du son et field recordings, les deux éléments se mettant mutuellement en valeur. Sérénité d’une nappe qui se marie à l’ambiance bucolique d’un parc (souffle dans les arbres, piaillements d’oiseaux), séance d’interview puis montée progressive d’une nouvelle nappe, glacée, qui vient contraster avec les bruitages granuleux, rocailleux, des éboulis de roche qui viennent mourir dans un brouhaha désordonné. Terre de contrastes, la musique du duo à l’art d’instiller de la poésie dans un monde abrupte et chaotique.
La dernière pièce, la plus ancienne, se distingue par une approche singulière. Basée sur des interviews réalisées dans le cadre d’un workshop, Golstrasse est un collage, une superposition de voix mise en musique. Chacun raconte une anecdote, un souvenir lointain, nous rappelant énormément À L’Ombre Des Ondes, un album de Kristoff K.Roll dans lequel des intervenants racontaient un rêve. De la même façon, les voix sont posées, calmes, hésitantes alors que les protagonistes essayent de se remémorer certains lieux, des détails architecturaux, sur de petits tintements de cordes, cloches ou frétillements électroniques que l’on croirait sortis d’un vieux film de science-fiction.

Quatre beaux voyages, quelque part entre monde réel et abstractions musicales.

Fabrice ALLARD
le 16/03/2016

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