Emiliano Romanelli

333 Loops (Volume 1)

(Terziruolo / Internet)

 date de sortie

14/04/2014

 genre

Electronique

 style

Ambient / Minimal

 appréciation

 tags

Ambient / Emiliano Romanelli / Minimal / Terziruolo

 liens

Terziruolo
Emiliano Romanelli

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Si 333 Loops (Volume 1) est son premier album, Emilano Romanelli ne nous est pas totalement inconnu puisqu’il œuvrait auparavant au sein de Tu’M. C’est sur son propre label qu’il a produit ce premier essai qui connaitra une suite en avril 2016 grâce au label Cassauna (une division de Important Records).

Le duo Tu’M (Emilano Romanelli et Rossano Polidoro) produisait déjà une musique ambient, entre l’expérimental et le minimalisme avec des albums publiés notamment par Cut, CONV, Dekorder ou encore Line. C’est logiquement dans cette veine que l’on retrouve l’italien avec cette unique pièce de 35mn enregistrée live dans le cadre du Within 01 Festival en septembre 2013, dans un cloitre de la petite commune de Colli del Tronto, à une quinzaine de kilomètres de la côte adriatique.
Comme le suggère le titre, cet album est le premier d’une série de concerts utilisant "333 Loops", un système sonore créé par l’artiste, comprenant notamment une base de 333 boucles, 2 players, 2 equaliseurs, 4 delay, 1 reverb. les boucles sont superposées, combinées, le système pouvant ainsi produire 110889 combinaisons, dont trois d’entre elles seulement sont utilisées dans cette pièce. On à de la peine a imaginer le travail qu’il y a derrière ce procédé quand on lit dans la pochette que la combinaison 000148 est utilisée pendant 15mn, puis la 000149 pour 11mn, et enfin la 000150 sur les 9 dernières minutes...

Cette pièce est donc divisée en trois parties qui, certainement par soucis pratique, se retrouvent sur disque en trois pistes distinctes. Mais c’est bien dans toute sa longueur que l’album doit être écouté afin d’apprécier pleinement son apparente linéarité. Le niveau sonore monte progressivement et on passe de l’inaudible à une nappe à la fois timide et limpide, que l’on pourrait parfois comparer à un orgue. Musique discrète, apparemment statique mais en réalité pleine de mouvements subtils entre les lentes oscillations de tonalités graves et les espèces de scintillements provoqués par les sonorités les plus aiguës.
Tous les éléments conviés ne semblent faire qu’un, fusionnant sans cesse, jusqu’à effacer complètement la frontière entre les trois pistes annoncées. Cette musique a tendance à nous laisser aller, pour ne pas dire nous emporter, mais l’auditeur attentif remarquera l’arrivée de nouvelles sonorités, des oscillations qui sortent du lot, des boucles qui sont mises en avant, et surtout l’arrivée vers la 28eme minute d’un souffle créant une texture légèrement grésillante pour un final encore plus feutré.

Un très très bel album, à conseiller à tout amateur d’ambient minimale.

Fabrice ALLARD
le 23/03/2016

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