Splashgirl

Hibernation

(Hubro / Outhere Distribution)

 date de sortie

16/02/2016

 genre

Jazz

 style

Contemporain / Doom

 appréciation

 tags

Contemporain / Doom / Hubro / Splashgirl

 liens

Hubro

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Parfois sur-interprétées, les conditions d’enregistrement d’un disque s’avèrent pourtant régulièrement révélatrices et fortement signifiantes : un lieu, un contexte, une manière de procéder peuvent ainsi influencer le résultat final. De même, la présence, aux côtés des musiciens, d’un producteur ou d’un ingénieur du son particulier les amène à opter pour une coloration autre. Ainsi en est-il avec le travail de Randall Dunn en soutien de Splashgirl : connu pour ses collaborations avec Earth ou Sunn O))), l’États-Unien a su emmener le trio norvégien vers une sorte de jazz-doom, fait d’interventions marquées de synthétiseurs, le tout dans une ambiance assez plombée.

Les trois premiers morceaux d’Hibernation donnent ainsi le ton, avec leurs temps forts très marqués, leurs basses bien sombres, leurs incursions électroniques opaques, leurs dimensions lancinantes, leurs vocalises fantomatiques ou encore les saxophones aux notes tenues de l’invité Skerik, si bien que même le solo de piano d’Andreas Stensland Løwe éprouve des difficultés à s’extirper de cette gangue (Bleak Warm Future). Lorsque celui-ci y parvient, il donne assurément un aspect un peu plus lumineux aux compositions des Norvégiens, nonobstant la présence de quelques petites explosions en arrière-plan (Scorch).

Dans la continuité de ce titre, le propos s’apaise quelque peu dans la seconde moitié de l’album, laissant davantage de place aux instruments jazz traditionnels (piano, contrebasse, bord de caisse claire) et délaissant le travail sur les textures d’arrière-plan. Au lieu d’interventions plombées, on assiste alors à une succession de trémolos de piano, voire à des passages plus suaves et plus proches des canons du trio jazz (Two Degrees, Rebounds) pour aboutir à un album constitué, en vérité, de deux faces assez distinctes comme si Randall Dunn n’avait pu imposer durablement sa marque.

François Bousquet
le 01/04/2016

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