Franz Rosati

RUINS

(Nephogram Editions / Internet)

 date de sortie

28/04/2014

 genre

Electronique

 style

Ambient / Expérimental / Glitch / Noise

 appréciation

 tags

Ambient / Expérimental / Franz Rosati / Glitch / Nephogram Editions / Noise

 liens

Franz Rosati
Nephogram Editions

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C’est en 2014 que l’on découvrait le label Nephogram Editions et son responsable Franz Rosati. Comme on le fait généralement, nous avions rapidement fait le tour de quelques unes de leurs productions, en terminant par ce RUINS qui était alors la toute dernière référence de cette structure italienne. Près de deux ans plus tard nous revenons sur cet album avec une chronique complète d’un disque qui aborde un style finalement de moins en moins représenté sur ces pages.

Franz Rosati fait partie de cette "nouvelle" scène électronique expérimentale italienne et à ce titre le mastering de cet album a été assuré par Giuseppe Ielasi. Son travail se situe clairement du côté des musiques expérimentales avec un son que l’on pourrait qualifier globalement d’electronica/glitch et un penchant clair pour les sonorités extrêmes, les contrastes forts, les sonorités arides, lorgnant parfois gentiment vers la noise comme par exemple ce 03 (les morceaux sont simplement nommés par leur numéro de piste) et son mélange de textures grésillantes arides, nappes de laptop sèches, déflagrations sonores et froissements numériques.
L’album démarre pourtant dans le calme avec une introduction qui frôle l’inaudible, quelques crépitements, infra-basses, sifflements suraiguës et percussions sèches qui nous rappellent quelques rythmiques de Radian. Mais à mi-parcours ce même 01 prend son envol avec de douces nappes qui rentrent en collision avec une texture déchiquetée. Si l’italien s’essaye ici à une musique croisant glitch et microsound, il nous surprend rapidement avec les violentes déflagrations sonores et les basses saturées de 02 qui laissent parfois la place à des nappes hésitantes puis des coups des basses qui nous font plutôt penser à une techno robotique.

L’amplitude du jeu de l’italien est énorme. Jouant sur les contrastes, il est capable de basculer en une fraction de seconde de l’ambient au bruitisme, ou d’une texture épaisse à des micro-sonorités et un travail d’une finesse inouïe. 04 illustre assez bien cela, sous la forme d’une ambient habitée, expérimentale, alliant glitchs et textures quasi mélodiques, alors qu’avec ses 10mn 05 joue plus sur la longueur en proposant un format un peu plus classique, mais fort réussi : démarrage ambient, lente montée bruitiste et redescente ambient minimale de fort belle facture.
Les deux derniers titres semblent n’en faire qu’un. La surprise provient ici d’une lente mélodie de guitare qui côtoie un grognement électronique régulier. Et puis c’est un croisement de texture bruitiste et de drone qui prend le relai, rythmé par les régulières pulsations d’une basse profonde.

Un très bel album, riche et puissant.

Fabrice ALLARD
le 29/03/2016