Schloss Mirabell

Ghosthour Diary

(Monotype Records / Import)

 date de sortie

28/04/2014

 genre

Electronique

 style

Electronica / Expérimental / Electroacoustique

 appréciation

 tags

Electroacoustique / Electronica / Expérimental / Monotype Records / Schloss Mirabell

 liens

Monotype Records
Schloss Mirabell

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Décidément, le label polonais Monotype Records n’arrête pas de nous surprendre, et avec lui une scène électronique féminine des plus séduisante. En effet après le Verstörung de We Will Fail (Aleksandra Grünholz) voici que c’est encore une femme qui se cache derrière ce pseudo de Schloss Mirabell, en l’occurrence l’autrichienne Florina Speth. Schloss Mirabell fait en fait référence au château Mirabell situé dans la ville de Salzbourg.

On ne sait que peu de choses sur Florina Speth si ce n’est qu’elle a commencé la musique dès l’âge de 6 ans en s’attaquant au piano et violoncelle, qu’elle a fait des études en neurosciences et qu’elle vit actuellement à Berlin. C’est suffisant pour enchainer en insistant sur sa fascination pour la fine frontière qu’il y a être rêves et réalité et que sa musique qui allie avec classe acoustique et électronique semble naviguer entre les deux mondes. D’ailleurs il n’y a qu’à voir comment elle décrit elle même sa musique, se classant sur sa page Facebook dans le genre "Gracile Noise Kissing with a Cello". Tout un programme !
A vrai dire, on ne comprend pas trop ce qui se passe lorsque débute le premier titre, un Memuture purement électronique alignant arpèges rebondies et boite à rythme vintage, une sorte d’electronica qui nous semble tendue mais retenue. Rien à voir ensuite puisque Promenade 1 est un interlude qui sera décliné au fil de l’album en 5 variations d’une ambient douce, feutrée, dont le style fait étrangement écho à un lointain souvenir de The Art of Noise, période Below the Waste... Mystère !

Mais le cœur de l’album reste une musique beaucoup plus complexe, plus abstraite et difficile à définir, expérimentale pour faire simple, parfois proche des musiques acousmatiques tout en utilisant sa voix (spoken word, chant) et son violoncelle. Pour préciser un peu, on pourrait qualifier Internal Hoods et Dolphiniade d’ambient pop concrète dont le jeu vocal pourra faire penser à AGF pour un résultat plutôt sensuel, mais un peu plus sec quand des éléments rythmiques s’invitent sur Intime Machine.
Si Weltkugel est une pièce que l’on croirait tout droit sortie des studios du GRM, on est ensuite sous le charme de l’Autrichienne et de son duo laptop/violoncelle avec un superbe Little Cygnet tenant autant des musiques néo-classique que des expérimentations d’un label Mego. C’est mélodique et ça grince, bref c’est beau et la suite est du même tonneau avec un Fink qui allie fragilité des cordes, grands fracas, petits tintements électroniques et précision de la construction.

On note enfin une certaine légèreté en fin d’album avec certes un Die Seele Mit Der Perlenmassage qui tient autant des musiques club qu’électroacoustiques, mais on notera surtout l’ambiance feutrée, apaisée de Let Them Sleep In Their Hair et les boucles cristallines de Feines Sanft qui font écho au titre d’ouverture, achevant l’album sur une douce rêverie sous forme d’une electronica mélodique.

Encore un album d’une incroyable richesse, à la fois complexe et sensuel.

Fabrice ALLARD
le 30/03/2016

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