Trondheim Jazz Orchestra, Kim Myhr & Jenny Hval

In The End His Voice Will Be The Sound Of Paper

(Hubro / Outhere Distribution)

 date de sortie

23/02/2016

 genre

Jazz

 style

Expérimental / Improvisation

 appréciation

 tags

Expérimental / Hubro / Improvisation / Jenny Hval (Rockettothesky)

 liens

Jenny Hval (Rockettothesky)
Hubro

 autres disques récents
Matt Christensen
Honeymoons
(Miasmah)
Giulio Aldinucci
Goccia
(Home Normal)
Automatisme
Momentform Accumulations
(Constellation)
Gratuit

(Ego Twister)

Délaissée de ces pages depuis qu’elle a quitté Rune Grammofon, Jenny Hval a parcouru plusieurs labels et s’est fait connaître au-delà du cercle des amateurs de la structure norvégienne par ses prestations scéniques dans lesquelles elle se situe plus près de la performance que du concert  : combinaison blanche, perruque bleue, faux sang et électro. Avant de s’être lancée dans cette direction (et de s’y être un peu perdue, avouons-le), la jeune femme avait eu l’occasion de réaliser un concert avec Kim Myhr, à Oslo en 2012, mélangeant musique contemporaine et spoken word. In The End His Voice Will Be The Sound Of Paper constitue ainsi la transcription discographique de ce moment, l’enregistrement en studio permettant de parfaire ce qui fut alors largement improvisé, et de s’adjoindre les offices du Trondheim Jazz Orchestra.

Centré sur la voix de Jenny Hval, l’album fait également la part belle à la guitare à douze-cordes de Kim Myhr, la première étant ainsi redoublée tandis que les accords grattés de la seconde continuent de résonner (Me, You, Me, You, The Beak). Alors que la présence de tout un orchestre à leurs côtés pouvait laisser craindre une profusion sonore, il est agréable de constater que l’instrumentation est, le plus souvent, réduite à sa plus simple expression. Dans ce contexte, la voix de Jenny Hval se fait également assez peu démonstrative, bien loin de l’emphase ou du mysticisme ampoulé qu’on pouvait regretter sur Innocence Is Kinky (son album paru en 2013 sur Rune Grammofon). Mêlée parfois à celle de Kim Myhr, son timbre n’intervient pas en permanence, et se limite souvent à un parlé-chanté bien assorti à l’orchestration d’ensemble.

Cette dernière se fait toutefois, sur Mass par exemple, un peu trop riche, profitant de la durée de ce morceau (quasiment huit minutes) pour digresser et se laisser aller à une superposition d’intervenants pas forcément très heureuse. Même sentiment avec le dernier tiers de Soft As Tongues, dans lequel piano et cordes redoublent, dans des tonalités aiguës assez malaisantes. Passés ces titres un peu plus compliqués, au cours desquels on n’est pas loin de donner raison à la prophétie faite au sujet de Bob Dylan et reprise dans l’intitulé du long-format, Silence As A Beat permet de retrouver une Jenny Hval opérant dans un chant plus traditionnel.

François Bousquet
le 07/04/2016

À lire également

24/03/2010
Rendez-vous norvégiens #2
(Société de Curiosités)
Jenny Hval
Innocence Is Kinky
(Rune Grammofon)
Finland
Rainy Omen
(Hubro)
1982
Pintura
(Hubro)