Stefan Wesołowski

Liebestod

(Important Records / Metamkine)

 date de sortie

28/04/2014

 genre

Electronique

 style

Minimal / Néo-Classique

 appréciation

 tags

Important Records / Minimal / Néo-Classique / Stefan Wesołowski

 liens

Important Records
Stefan Wesołowski

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Déjà croisé aux côtés de Jacaszek, c’est la première fois que l’on parle de Stefan Wesołowski, jeune compositeur polonais œuvrant dans une veine néo-classique tantôt sacrée, alors comparé à Arvo Part, tantôt minimaliste et penchant plutôt du côté de Steve Reich. Deux grands noms dont on voit effectivement les influences mais on situera toutefois Stefan Wesołowski dans un entre deux, à la fois classique et moderne en invitant l’électronique aux côtés de cordes, piano et cuivres.

C’est à 21 ans que le Polonais compose son premier album, publié en 2008 chez Gustaff Records, un Kompleta réédité en 2015 par Ici d’Ailleurs ! Entre temps il a donc collaboré avec Jacaszek avant de se relancer dans un album solo que l’on retrouve donc ici chez le prestigieux Important Records (Coil, Merzbow, Josef van Wissem, Julia Kent, Eliane Radigue, etc...). Un parcours qui fait donc déjà figure de petit génie du néoclassique et une première piste qui donne le ton, avec ses cordes acérées et son ambiance pesante. On se croirait d’abord dans la campagne polonaise avec ces field recordings de chiens qui aboient au loin, puis la lente mélodie de violoncelle et autres boucles de cordes qui s’empilent sur cet Ostinato. La mélodie fait mouche, l’électronique contribue à créer une certaine ambiance, et puis c’est une rythmique probablement créée contre le corps d’un instrument qui finit d’enrichir la composition.

Néoclassique donc, mais pas seulement. Et si l’album ne comporte que 6 pistes, ce n’est pas par manque d’inspiration puisque le Polonais ne cesse de se renouveler. C’est par exemple le piano minimaliste et entêtant que l’on retiendra sur un What The Thunder Said par ailleurs enrobé d’envolées de cordes langoureuses puis de cuivres orchestraux, puissants, qui donnent une teinte toute personnelle à cet album. Tout aussi inattendue, la rythmique électronique de Route qui permet de croiser musique de club et cuivres feutrés ou le spoken word féminin du morceau titre, joli mais peut-être un peu plus classique avec ses attaques de corde, son tuba qui donne le tempo et son style de musique de film, un registre auquel le Polonais se frotte régulièrement.
Après s’être fait régulièrement surprendre, on finit par se familiariser avec le vocabulaire de Stefan Wesołowski qui met l’accent sur le piano sur les deux derniers morceaux. Un piano toujours très répétitif, qui semble être martelé pour donner le tempo sur Tacet alors qu’il apparait fragile, presque hésitant et timide sur le doux Hand Im Haar qui sert de conclusion. Si l’électronique reste discrète, elle est aussi toujours utilisée avec justesse, cantonnée par exemple à un jeu de textures grésillantes qui donnent de la matière à Tacet.

On pourra peut-être lui reprocher un petit maque d’ambition, mais ce Liebestod reste un très bel album, riche et plein de surprises. Pour découvrir une autre facette du travail du Polonais, les amateurs pourront se pencher sur Kompleta et ses chants sacrés.

Fabrice ALLARD
le 08/04/2016