HolyKindOf

Stay / Sea

(Eilean Records / Internet)

 date de sortie

05/05/2014

 genre

Electronique

 style

Ambient / Drone / Expérimental

 appréciation

 tags

Ambient / Drone / Eilean Records / Expérimental / HolyKindOf

 liens

Eilean Records
HolyKindOf

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Nous avons suivi de loin le lancement du label français Eilean Records, fondé notamment par Mathias Van Eecloo que l’on connaissait pour son projet Monolyth & Cobalt. Lancé en 2014 avec un album de Twincities, cette jeune structure possède déjà une grosse trentaine de références en éditions limitées et produites à la main, parmi lesquels on retrouve notamment Aaron Martin, Benjamin Finger, Twigs & Yarn, Dag Rosenqvist, Chris Dooks, Autistici ou encore Wil Bolton. Pour l’heure, nous parlerons de HolyKindOf, projet solo de J. Bryan Parks, membre du label Rubber City Noise et auteur de la deuxième référence de Eilean Records.

Sans trop savoir pourquoi, on s’attendait à un album principalement porté sur les drones, ce qui n’est pas totalement faux mais la musique de HolyKindOf va bien au delà de ce registre assez calibré. Sur la forme, avec ses 3 titres pour une quarantaine de minutes, ce Stay / Sea fait illusion, mais le voile tombe dès les premières secondes de Ceremonial Magnet (Part I) avec un jeu de type platiniste assez inattendu, semblant déformer des voix devenues monstrueuses, ajoutant quelques craquements de vinyles avant la montée progressive d’un drone électronique et de cordes flottantes et grinçantes. Pendant une douzaine de minutes on est ainsi balloté entre une mélodie un peu plaintive, un ronronnement sombre mais apaisant, et des bruitages abstraits et habités tirés des manipulations de vinyles.
Ce croisement atypique est repris dans les deux titres qui suivent et utilisent d’ailleurs plus ou moins la même instrumentation : platine vinyle, bandes magnétiques, violoncelle, clavier et effets. C’est plutôt des bandes magnétiques cette fois qui servent d’introduction à Nocturne ; in S Major, sous forme de rapides glissements et ululements, bientôt rejoint par le ronronnement d’un appareil électrique. Petit à petit, le violoncelle prend place, imposant et répétitif, esquissant une lente et grave berceuse tandis que les bruitages au second plan se font bucoliques, semblant évoquer des gazouillis d’insectes. L’ensemble se révèle plus facile d’accès, toujours aussi lent et minimaliste mais ce que l’on qualifiait de flottements de cordes sur le premier titre est ici remplacé par une mélodie lente, grave, parfois appuyées par ce qui s’apparente à des chœurs.

Plus court, Requiem, Et Cetera est aussi plus immédiat, débutant avec des accords de cordes légèrement saturés, grésillants, entre sonorité acoustique et saturation électronique. Là encore, des bribes mélodiques rendent la pièce un peu plus facile d’accès avec de petites notes brèves, retenues, proches de tintements électroniques mais qui s’éclaircissent au fil de l’eau et laissent apparaitre le son d’une harpe. Mais ce sont les cordes qui encore une fois, ont le dernier mot, avec une longue complainte finale qui semble combiner violon et violoncelle.

Un album hors norme, entre drone, improvisation, et ambient lugubre qui saura convaincre l’auditeur en mal de curiosité.

Fabrice ALLARD
le 25/04/2016