Perrine en morceaux / La Féline (solo) / EDH

 date du concert

29/04/2016

 salle

Supersonic,
Paris

 tags

EDH / La Souterraine / Lentonia Records / Perrine en Morceaux / Supersonic

 liens

Perrine en Morceaux
EDH
Lentonia Records
La Souterraine
Supersonic

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A croire que je ne fais plus que des concerts Lentonia Records... En effet la dernière fois que j’ai fréquenté une salle de concert c’était en décembre dernier alors que le petit label parisien invitait Judith Juillerat et Ah ! Kosmos à l’Opa. Depuis, la salle de Bastille a changé de nom au profit de Supersonic et ce soir la programmation était le fruit d’une collaboration avec La Souterraine, une petite association qui oscille entre netlabel et organisation de concerts. Cette fois c’est pour voir Perrine en Morceaux que l’on faisait le déplacement puisque la soirée était l’occasion de fêter (enfin) la sortie de Rien, son album issu du projet du même nom qu’elle nous dévoilait en live à l’Espace Jemmapes en 2011 !...

C’est naturellement EDH qui ouvre le bal. Même formation, même salle qu’en novembre dernier, on passera donc rapidement sur ce projet qui prend en live la forme d’un duo composé par Emmanuelle de Héricourt et Arthur Soubranne. On est toutefois un peu surpris par les deux premiers titres et leur ambiance sombre. La rythmique électronique est brute, sèche, des guitares saturées semblent dominer mais on se dira plus tard que ce n’est peut-être que la basse d’Emmanuelle qui se fait aride. Comme souvent chez EDH, la voix est loin derrière, cachée, noyée entre les effets et les strates sonores.
Et puis l’électronique prend le dessus de façon étonnamment franche, appuyée, multipliant les boucles entrainantes, tant rythmiques que mélodiques. On sort alors de la torpeur des premiers titres et on retrouve l’électro-pop singulière d’EDH, en version vitaminée et festive. Finalement un certain équilibre semble s’établir avec une fin de concert plus en ligne avec le son que l’on attribue généralement à ce projet, combinant habilement efficacité pop et des ambiances oscillant entre nostalgie et mélancolie.

On découvre ensuite La Féline dans une version solo, soit Agnès Gayraud à la guitare avec à ses pieds une multitude de pédales d’effets. Là aussi on passera rapidement sur ce set auquel nous resterons globalement étranger, peut-être en raison du style musical puisque La Féline se situe plutôt dans un registre indie-pop. A posteriori, après avoir écouté et plutôt bien aimé quelques titres en ligne, on se dit que c’est peut-être la version solo qui nous a un peu posé problème ce soir.
En solo ce sont donc une base électronique, une guitare très en avant et une voix haut perchée qui sont à la base de chansons pop, douces et légères, au sein desquelles on aurait peut-être bien aimé trouver quelques aspérités. On retiendra essentiellement de ce set un titre présenté comme un morceau de blues dont on se demandait un peu en quoi il pouvait s’agir de blues, puis une reprise plutôt appliquée de La Peau de Dominique A. Bref, on n’est pas client, mais on conseillera les amateurs d’indie-pop d’aller voir le site de La Féline pour écouter les quelques titres et clips disponibles.

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Perrine en Morceaux

On passe donc à Perrine en Morceaux que l’on n’avait pas vu depuis un peu plus de 2 ans et on retrouve le même dispositif avec une multitude de machines, deux micros entre lesquels elle alternera, une mbira et une lampe aux couleurs changeantes, a priori prévue pour être le seul dispositif susceptible d’éclairer l’artiste durant ce concert. Après quelques propos introductifs autour du nihilisme, Perrine semble prendre ses marques et peiner à se lancer. On retrouve toutefois tout de suite l’ambiance des précédents concerts de Perrine avec un premier titre qui est peut-être un peu difficile pour rentrer dans l’ambiance. C’est avec Anguish que le concert semble décoller, véritable perle mêlant tintements d’une mbira saturée et chant grave, puissant, tandis que le final, électronique et brut révèle des influences de musiques industrielles.
Dans ce genre un peu énervé, on notera un peu plus loin If I Were About To Lie et sa rythmique technoïde, mais Perrine ne cesse de surprendre et passe sans crier gare d’un titre enlevé comme celui-ci à un autre plus complexe, jouant tour à tour entre les (dé-)constructions rythmiques et verbales, par exemple sur Private Property. Nous n’avions pas encore écouté l’album sorti le 8 mars, mais le concert semble en reprendre à peu près la même structure. Nous étions donc en terrain plutôt connu, mais la fin de concert révèlera quelques surprises en optant pour un virage clairement plus efficace, limite dansant, aidé en cela par quelques rythmiques bien marquées.
Le public est ravi, en redemande, mais Perrine n’a pas prévu de rappel. Du coup elle nous offre une sorte d’impro en duo avec La Féline. Beat électronique, mélodie de mbira d’un côté, guitare de l’autre et le chant/vocalises en duo pour un rappel surprise, chaotique et beau.

Fabrice ALLARD
le 02/05/2016

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