Bruno Sanfilippo

ClarOscuro

(AD21 Music / Internet)

 date de sortie

15/05/2014

 genre

Classique

 style

Ambient / Néo-Classique

 appréciation

 tags

AD21 Music / Ambient / Bruno Sanfilippo / Néo-Classique

 liens

Bruno Sanfilippo
AD21 Music

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Bruno Sanfilippo est un artiste originaire d’Argentine, mais actuellement basé à Barcelone. Âgé d’une petite cinquantaine d’année, cela fait 25 ans qu’il compose. S’il a débuté dans les années 90 avec des musiques électroniques ambient lorgnant un peu vers le new age, l’Argentin est désormais clairement passé du côté du néo-classique, avec notamment sa série de Piano Textures dont les deux premiers volets ont déjà été réédités. La grande majorité de ses albums sont édités sur son propre label, à l’image de ce ClarOscuro sur lequel on notera par ailleurs la participation de deux autres musiciens à savoir Manuel del Fresno au violoncelle et Pere Bardagí au violon.

L’album s’ouvre justement avec le morceau titre sur un équilibre entre piano et cordes. Violon et violoncelle se relaient sans cesse et si le trio semble mener à tour de rôle la mélodie ce sont bien les cordes qui finissent par diriger la danse alors que le piano se cantonne à l’accompagnement. Comme pour compenser, c’est un piano solo qui prend place sur Absenta. Le style est assez différent, accordant une large place aux silences, évoquant alors une musique de film, que l’on imagine être plutôt un film d’auteur, la caméra suivant un personnage principal habité par le doute, le questionnement. Les notes plus détachées, les silences qui opèrent comme des cassures rendent ces pièces solo un peu plus expérimentales même si par endroit de brèves boucles mélodiques font leur apparition au milieu de Aquarelle Sur Papier.
S’il n’y est nullement fait référence, on distingue parfois sur ces pièces solo quelques bruitages ou effets électroniques discrets. Une note jouée à l’envers en ouverture de The Movement Of The Grass, mais aussi ce qui semble être la reverb des notes, pleine de souffle, qui remplit les silences. On appréciera enfin le jeu du musicien sur Aquarelle Sur Toile, ses notes brèves, appuyées puis retenues, laissant entrevoir les bruits mécaniques de l’instrument. C’est également en solo que l’Argentin conclut son album avec un Day By Day plus classique, mélodique et particulièrement fluide.

Quand les cordes sont de la partie, le ton est nettement plus grave, à l’image de ce A Constant Passion au violoncelle appuyé dont les boucles donnent le tempo, là où les violons se font fragiles, voire plaintifs, trainant en longueur. Elles contribuent également au style cinématographique de Luciana : on imagine facilement un drame ancien qui se serait déroulé dans une vieille maison bourgeoise isolée, drame qui poursuivrait aujourd’hui les actuels occupants.
Plus original, It Happens On The Ship joue sur le mystère. Les glissements de cordes vont et viennent, donnant l’impression d’errer, de faire les 100 pas sur un piano délicat, fin, dont chaque note semble être une goutte d’eau.

Bien que relativement classique, cet album est surtout l’occasion pour nous de découvrir le travail de Bruno Sanfilippo sur lequel on reviendra très certainement.

Fabrice ALLARD
le 08/05/2016