Jean-Michel Alberola : L’Aventure des Détails

 date

du 19/02/2016 au 16/05/2016

 salle

Palais de Tokyo,
Paris

 appréciation
 tags

Jean-Michel Alberola / Palais de Tokyo

 liens

Palais de Tokyo

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De Jean-Michel Alberola, on connaissait surtout les créations en néon (déjà évoquées sur ces pages), formes biscornues ou retranscriptions de vers ou aphorismes, et quelques interventions plus gigantesques (telle ce Repren-dre la conversation qui habille le mur extérieur de la présente exposition). La monographie assez vaste que lui offre le Palais de Tokyo nous permet donc de nous confronter à l’ensemble des travaux du Français et de constater qu’il a effectivement embrassé plusieurs styles et médiums, au long d’une carrière densément retracée ici.

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Vue de l’exposition

L’agencement des salles, ni chronologique, ni véritablement thématique, se veut, de préférence, un dédale dans l’esprit et l’œuvre d’Alberola, convoquant au passage plusieurs grandes figures, non pas forcément plasticiennes et qui pourraient servir de références, mais plutôt littéraires ou philosophiques. Ainsi, le créateur parsème le parcours de mini-architectures en bois jaune, dédiées à Walter Benjamin, Robert Louis Stevenson ou Simone Weil, entre mirador et affut surélevé, comme si la pensée se construisait en même temps que cette maquette s’édifiait et que l’esprit en escaladait l’escalier. Même esprit de vagabondage avec toutes les inscriptions en néon, et notamment les fausses tautologies : Rien dessinant un crâne, Sans intérêt écrit dans une boîte posée au sol, Huile sur toile tracé au néon, etc…

Pour autant, l’accumulation de peintures grand format (notamment toute la série Le Roi de Rien) et la répétition d’un schéma identique (ces tableaux sur lesquels « paupière supérieure » est écrit en haut et « paupière inférieure » en bas) n’emportent pas la même adhésion, pas davantage, au reste, que les petits dessins ou esquisses qui ponctuent l’exposition. Une forme de systématisme s’installe alors qui nous fait même prendre avec beaucoup de distance des œuvres ironiques comme ce Pablo Pikachu. Sur la longueur, on en vient presque à estimer qu’Alberola fait montre de facilités et génère une impression de trop-plein. Mais, à lire et entendre les très grands suffrages que recueille cette exposition, il est également possible que nous n’ayons tout simplement pas été dans les meilleures dispositions le jour de notre visite.

François Bousquet
le 10/05/2016

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